Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : La fed abaisse sa prévision de pib, observe le statu quo

Marché : La fed abaisse sa prévision de pib, observe le statu quo

tradingsat

par Pedro da Costa et Mark Felsenthal

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a sensiblement réduit sa prévision de croissance mercredi, et au contraire relevé celle du chômage, tout en laissant entendre que la crise de la dette européenne était une source de risques pour l'économie des Etats-Unis.

La Fed a toutefois pris acte d'un renforcement de l'économie américaine au troisième trimestre et n'a pas modifié ses taux directeurs, une décision prise par neuf voix contre une au sein de son Comité de politique monétaire (Fomc).

"La croissance économique s'est raffermie quelque peu au troisième trimestre", a souligné la Fed dans un communiqué publié à l'issue de la réunion du Fomc. "Toutefois, les récents indicateurs attestent d'une faiblesse persistante des conditions générales du marché du travail et le taux de chômage reste élevé", a-t-elle ajouté.

S'exprimant lors d'une conférence de presse qui a suivi les annonces de la Fed, son président Ben Bernanke a donné une évaluation pondérée des tensions affectant l'économie.

"Tandis que nous continuons de penser que l'activité économique et les conditions du marché de l'emploi s'amélioreront avec le temps, le rythme des progrès reste désespérément lent", a-t-il dit.

"En outre, il y a des risques baissiers importants dus aux perspectives économiques, et plus particulièrement les craintes nées des problèmes budgétaires et bancaires européens ont contribué aux tensions des marchés financiers internationaux, ce qui a sans doute produit des effets négatifs sur la croissance et la confiance", a-t-il ajouté.

Bernanke a ajouté que l'institut d'émission suivait de près l'évolution de la situation en Europe et a laissé ouverte l'éventualité que la Fed augmente ses avoirs en obligations accolées à des actifs immobiliers (MBS) si la situation économique des USA empirait.

"Je pense vraiment qu'acheter des MBS est une option qui se défend; c'est tout à fait quelque chose que l'on envisagerait si les conditions s'y prêtaient", a-t-il dit.

LA VOIX DISCORDANTE D'EVANS

La Fed, dans ses dernières projections trimestrielles, a abaissé ses prévisions de croissance de 2011, 2012 et 2013 et relevé celles du chômage. Elle ne voit plus le chômage tomber à un niveau jugé compatible avec la définition du plein emploi même à l'extrême limite temporelle de ses projections, soit la fin du quatrième trimestre 2014.

La banque centrale anticipe à présent une croissance de 2,5% à 2,9% pour les Etats-Unis en 2012, au lieu de 3,3% à 3,7% anticipés en juin. Elle voit le chômage à 8,5%-8,7% d'ici la fin 2012, alors qu'elle projetait en juin 7,8%-8,2%.

La Fed définit le plein emploi par un taux de chômage situé entre 5,2% et 6%. Fin 2014, il serait encore de l'ordre de 6,8% à 7,7% pour elle.

La croissance annuelle a été de 2,5% au troisième trimestre, bien meilleure que celle de 1,3% du trimestre précédent, mais encore insuffisante pour déclencher une réelle diminution du chômage.

Bernanke a jugé que le taux de chômage, au-dessus de 9% depuis cinq mois, était une crise nationale et certains membres de la Fed veulent que de nouvelles mesures de relance soient prises.

Tel Charles Evans, le président de la Fed de Chicago, qui a été le seul à voter une nouvel assouplissement monétaire lors de la réunion du Fomc.

Bernanke a souligné que la Fed se laissait le choix des moyens et dit que les discussions portant sur de nouveaux moyens de communication n'impliquaient pas que la banque centrale ne soit plus focalisée sur l'emploi et l'inflation.

Confrontée à une reprise plus que fragile, la Fed a lancé en septembre un programme de 400 milliards de dollars de vente de titres de dette du Trésor à court terme. Le produit de ces ventes doit financer l'achat d'obligations à plus long terme, action censée maintenir les taux longs bas.

La Fed est également revenu sur le marché des crédits immobiliers en affectant des produits financiers au rachat de MBS. Toutes ces mesures s'ajoutent à de précédentes initiatives qu'elle avait déjà prises pour tenter de relancer l'économie.

Elle avait ainsi ramené son taux d'intervention (Fed funds) pratiquement à zéro en décembre 2008 et elle a en outre gonflé son bilan pour le porter au montant sans précédent de 2.800 milliards de dollars.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Julien Ponthus

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...