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Marché : La croissance française pourrait plafonner à 1,4% en 2012

La croissance française pourrait plafonner à 1,4% en 2012La croissance française pourrait plafonner à 1,4% en 2012

par Daniel Flynn

PARIS (Reuters) - La croissance économique de la France risque d'être inférieure à 1,4% du PIB en 2012, ce qui imposera des choix draconiens à Nicolas Sarkozy pour assurer la réduction du déficit à la veille de l'élection présidentielle.

L'annonce la semaine dernière d'une croissance nulle au deuxième trimestre a en effet conduit plusieurs économistes à revoir à la baisse leurs estimations pour l'an prochain, alors que le gouvernement a retenu une hypothèse de 2,25% pour l'élaboration du projet de budget 2012.

Six d'entre eux donnaient vendredi une prévision moyenne de 1,37% de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Le mois dernier, une précédente enquête de Reuters auprès d'une vingtaine d'économistes donnait un consensus de 1,7% pour 2012 après 1,8% attendu alors pour cette année.

"Un certain nombre de facteurs entrent en jeu: le ralentissement de la croissance mondiale, la rigueur budgétaire accrue et les tensions financières dans l'union monétaire, donc on a du mal à voir d'où pourraient venir des signaux positifs", explique Jacques Cailloux, chef économiste Europe de Royal Bank of Scotland, qui n'attend que 1,2% de croissance en France l'an prochain.

Les autorités françaises étudient actuellement l'opportunité d'une révision à la baisse de la prévision de croissance officielle pour 2012, explique-t-on de sources gouvernementales.

De nouvelles mesures, parmi lesquelles pourraient figurer une "contribution exceptionnelle" des Français les plus aisés, devraient être annoncées mercredi prochain afin d'assurer la réduction du déficit à 4,6% du PIB en 2012.

La banque américaine Morgan Stanley, qui a abaissé cette semaine sa prévision de croissance pour la France à 0,9% seulement pour l'an prochain contre 1,6% auparavant, estime à un demi-point de PIB, soit l'équivalent de 10 milliards d'euros, les ressources budgétaires supplémentaires à trouver pour tenir cet engagement.

Le calendrier politique et la faible cote de popularité de Nicolas Sarkozy privent celui-ci de marges de manoeuvres pour adopter des mesures susceptibles de freiner davantage la croissance.

"Si la situation se détériore, cela jouera contre Sarkozy", estime Michel Martinez, économiste senior de la Société générale. "La croissance et le pouvoir d'achat seront des enjeux importants (des élections) car les Français, plus que beaucoup d'autres, sont très sensibles à leur porte-monnaie et aux prix."

TOUTE LA ZONE EURO RALENTIT

La stagnation du PIB au deuxième trimestre s'explique par des facteurs ponctuels, comme le contrecoup de la fin de la prime à la casse automobile. Mais la contraction marquée (-0,7%) de la consommation des ménages, moteur traditionnel de l'économie, fait craindre pour 2011 une performance annuelle inférieure à la prévision officielle de 2,0%.

"Il est probable que les taux de croissance moyens (dans la zone euro) seront orientés à la baisse au second semestre de l'année", estime Ken Wattret, chef économiste de BNP Paribas pour la région. "Le taux de croissance annuel de la France figurera probablement dans le haut du tableau."

Michel Martinez, lui, s'attend à ce que la croissance des dépenses de consommation soit, au cours des deux prochaines années, inférieure de moitié à son niveau tendanciel de 2% d'avant la crise, en raison du ralentissement de la croissance et de la rigueur budgétaire.

BNP Paribas est en train de revoir sa prévision 2012 pour la France (à 1,6% actuellement) pour prendre en compte les premiers signes de ralentissement dans l'ensemble de la zone euro et notamment en Allemagne, premier partenaire commercial de la France.

La croissance allemande a fortement décéléré au deuxième trimestre pour tomber à 0,1%.

"Nous pensons désormais que le taux de croissance de la zone euro pourrait se situer autour de 1% l'an prochain, après 1,75% environ cette année", dit Ken Wattret.

"Une rechute en récession de la zone euro n'est pas l'issue la plus probable à ce stade. Mais il y a des risques baissiers et les prochaines enquêtes de confiance devraient rester faibles", ajoute-t-il.

Avec Leigh Thomas et Alexandria Sage, Marc Angrand pour le service français, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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