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Marché : La croissance française aura du mal à tenir le rythme

La croissance française aura du mal à tenir le rythmeLa croissance française aura du mal à tenir le rythme

PARIS (Reuters) - L'économie française a sans doute bien démarré 2011 mais elle pourrait avoir du mal à maintenir un rythme de croissance soutenu jusqu'à la fin de l'année, faute des soutiens qui ont dopé l'activité des entreprises et la consommation des ménages au premier trimestre.

L'Insee publiera vendredi matin à 7h30 la première estimation de la croissance du produit intérieur brut pour janvier-mars et 28 économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne une hausse de 0,6%, après +0,4% sur les trois derniers mois de l'an dernier.

Un tel chiffre confirmerait la tendance à l'accélération lente mais régulière de la reprise économique. Et certains économistes n'excluent pas une performance encore meilleure au vu des statistiques les plus récentes.

"Quand on regarde la consommation en produits manufacturés et la production industrielle sur le premier trimestre, à 0,6-0,7%, on est plutôt dans le bas de la fourchette de prévision", explique Michel Martinez, chef économiste France de Société générale. "Un chiffre de 0,8-0,9% ne serait pas vraiment une surprise."

De fait, les statistiques et les enquêtes publiées ces dernières semaines ont confirmé l'orientation positive qui se dessinait dès le mois de janvier, grâce à la conjonction de plusieurs facteurs favorables.

Parmi ceux-ci figurent "l'effet retard" de la prime à la casse automobile, le rebond rapide de la construction après les perturbations provoquées par le froid et la neige en novembre et décembre, ou encore le niveau historiquement élevé de la confiance des chefs d'entreprise reflété par de multiples enquêtes.

Sur les trois premiers mois de l'année, la production industrielle a augmenté de 2,1% par rapport au trimestre précédent, a annoncé l'Insee mardi. La consommation des ménages en produits manufacturés, elle, a progressé de 1,2%.

L'INCONNUE DE L'INVESTISSEMENT

Ces chiffres ne doivent toutefois pas faire oublier que le mois de mars a déjà marqué un début d'inversion de tendance: la consommation a reculé de 0,7% et la production industrielle de 0,9%, ce qui traduit à la fois le retour à la normale du marché automobile et l'impact du séisme au Japon sur l'activité des entreprises.

Le commerce extérieur, lui, devrait maintenir sa contribution négative au PIB, avec un déficit cumulé de plus de 18 milliards d'euros sur trois mois et des importations qui ont augmenté plus de deux fois plus rapidement que les exportations.

S'il s'annonce relativement bon, le chiffre de la croissance au premier trimestre n'assure toutefois pas la poursuite de la tendance.

"La dynamique de la consommation devrait être moins porteuse", explique Michel Martinez, qui cite l'austérité budgétaire, l'inflation et la hausse des taux d'intérêt parmi les facteurs susceptibles de freiner les dépenses des ménages. D'autant que ni les créations d'emploi, toujours modérées, ni la hausse des salaires ne semblent en mesure de venir leur apporter un nouveau soutien.

Ce qui explique en partie l'offensive gouvernementale des dernières semaines sur le partage de la valeur, qui devrait se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes pour environ quatre millions de salariés concernés par la désormais fameuse prime imposée aux entreprises de plus de 50 salariés qui augmentent leur dividende.

L'envolée du pétrole devrait en outre peser davantage sur la croissance au deuxième trimestre qu'au premier, selon les prévisions de l'Insee.

"Mais la principale interrogation porte sur la dynamique future de l'investissement des entreprises", estime l'économiste de SG. "Si les enquêtes suggèrent une reprise de l'investissement, les chiffres 'durs' ne montrent pas de changement de tendance. Et le taux de marge des entreprises reste proche de ses plus bas historiques."

L'enquête trimestrielle de l'Insee sur les prévisions d'investissement des industriels a en effet montré que ceux projetaient d'augmenter de 15% leurs investissements cette année après une stagnation en 2010.

Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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