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Marché : La contraction de l'activité aiguise les peurs de rechute

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par Jonathan Cable et Kevin Yao

LONDRES/PEKIN (Reuters) - Les craintes d'une rechute de l'économie mondiale se sont accentuées jeudi avec la publication d'indices des directeurs d'achats (PMI) témoignant d'une contraction de l'activité du secteur privé en zone euro et en Chine, ce qui alimente le repli des marchés d'actions.

Sur fond de crise de la dette, l'activité des services de la zone euro, qui représentent environ deux tiers de l'économie des 17 pays utilisant la monnaie unique, est retombée en contraction en septembre pour la première fois depuis deux ans, selon une estimation flash publiée par Markit.

L'indice du secteur manufacturier a lui continué sa contraction pour le deuxième mois consécutif, emboîtant le pas de l'indice PMI HSBC de l'industrie chinoise, qui témoigne d'un resserrement de l'activité pour le troisième mois d'affilée.

A la mi-journée, les Bourses européennes creusaient leurs pertes, déprimées également par le diagnostic morose de la Réserve fédérale sur l'économie américaine.

"Il y a un ralentissement mondial (...), la Fed en a pris acte hier (mercredi), et la Banque d'Angleterre a évoqué la possibilité de procéder à un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif", relève Jeavon Lolay, responsable de la recherche monde chez Lloyds Banking Group.

"Il n'y a pas de doute, les risques d'une récession mondiale se sont accrus."

L'indice des services de la zone euro est ressorti à 49,1 en après 51,5 en août, alors que les analystes attendaient en moyenne un indice à 51,0. L'activité manufacturière s'est elle contractée à 48,4 contre 48,5 attendus et 49,0 en août.

"Les chiffres restent compatibles avec une poursuite de la croissance du produit intérieur brut (PIB), donc cela ne témoigne pas encore d'une récession", estime Martin Enlund, de Handelsbanken.

LES GOUVERNEMENTS APPELÉS À AGIR

"Cela dit, (...) la contraction du crédit dans la zone euro risque de mener à une nouvelle récession d'ici Noël si les gouvernements n'interviennent pas rapidement et vigoureusement."

Mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde l'Europe et les Etats-Unis contre la menace d'une rechute en récession l'an prochain faute de s'attaquer rapidement à des problèmes économiques qui pourraient contaminer le reste du monde.

La Banque centrale européenne (BCE), qui a été la première des grandes banques centrales à relever ses taux après la crise financière, pourrait devoir les abaisser à nouveau dans un avenir proche, d'autant que sa rhétorique anti-inflation s'est apaisée avec le recul des pressions sur les prix.

"Dans ces conditions, la BCE pourrait ramener le taux refi à 1% d'ici la fin de l'année", juge Clemente De Lucia, économiste BNP Paribas.

En Allemagne, moteur de l'économie de la zone euro, l'activité du secteur privé a progressé en septembre à son rythme le plus lent depuis plus de deux ans et les nouvelles commandes ont reculé pour le troisième mois d'affilée.

L'indice PMI composite, qui regroupe industrie et services, est ressorti à 50,8 en version "flash", son plus bas niveau depuis juillet 2009, contre 51,3 en août.

"Nous pourrions voir une croissance très faible (du PIB allemand) au troisième trimestre et peut-être même une contraction au quatrième", prévient Chris Williamson, économiste chez Markit.

"UN MAUVAIS CHIFFRE DU PIB SE PROFILE" EN FRANCE

Par ailleurs, la croissance de l'activité du secteur privé en France est tombée en septembre à son plus bas niveau depuis le début de la reprise en 2009, la contraction s'accentuant dans l'industrie tandis que l'expansion des services faiblissait.

L'indice PMI composite a reculé à 50,7 en version "flash" contre 53,7 le mois précédent.

"Les résultats des PMI pour l'ensemble du troisième trimestre impliquent une perte considérable de la dynamique sous-jacente de l'économie française, ce qui implique qu'un mauvais chiffre de croissance trimestrielle du PIB se profile après la stagnation du deuxième trimestre", commente Jack Kennedy, économiste senior de Markit, qui fait le lien avec l'escalade de la crise de la dette en zone euro.

En Chine, l'indice HSBC des directeurs d'achats du secteur manufacturier a baissé à 49,4 ce mois-ci, contre 49,9 en août, soit le troisième mois d'affilée qu'il figure sous la barre des 50 points, qui sépare contraction et expansion.

La contraction de l'activité manufacturière, sur fond de recul des nouvelles commandes et des nouvelles commandes à l'export, suggère que la deuxième économie de la planète ne sera peut-être pas une locomotive de substitution pour pallier la "faiblesse persistante" constatée par la Fed aux Etats-Unis.

Les économistes et les dirigeants chinois s'attendaient à ce que la croissance du pays ralentisse, en grande partie à cause de la baisse des exportations.

"Le secteur des exportations semble de plus en plus menacé vu que les fondamentaux mondiaux sont en train de chanceler", estime Connie Tse, économiste chez FORECAST à Singapour.

Mais même si les perspectives s'assombrissent à l'étranger, la demande intérieure devrait continuer à maintenir la croissance de la Chine au-dessus de 8%, même si elle alimente l'inflation et risque de compliquer la tâche de la banque centrale chinoise pour contenir la hausse des prix sans saper l'activité.

Avec Marc Angrand, Jean Décotte pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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