Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La chine change de cap sur les réserves obligatoires des banques

Marché : La chine change de cap sur les réserves obligatoires des banques

tradingsat

par Zhou Xin et Kevin Yao

PÉKIN (Reuters) - La Banque populaire de Chine (BPC) a réduit mercredi le ratio des réserves obligatoires (RO), pour la première fois en près de trois ans, afin d'apaiser les tensions du marché du crédit et de redonner du jus à une économie qui connait son rythme de croissance le moins soutenu depuis 2009.

Cette décision s'inscrit dans un contexte préoccupant pour la croissance mondiale, tandis que la zone euro semble prendre à bras-le-corps sa crise de la dette souveraine. Les marchés ont salué l'initiative de la banque centrale chinoise.

Le ratio a été abaissé d'un demi-point, à compter du 5 décembre. C'est sa première réduction depuis décembre 2008. Il revient de 21,5% à 21% pour les banques les plus grandes, ce qui libère des fonds qui pourraient être consacrés à des prêts aux PME en manque de trésorerie.

Les analystes estiment que cette décision libère de 350 à 450 milliards de yuans (54,8 à 62,7 milliards de dollars) dans le système bancaire.

"C'est une grande décision, c'est un assouplissement", dit Stephen Green (Standard Chartered Bank). "C'est le signal clair d'un mode de détente en Chine; la prochaine décision sera une nouvelle baisse du ratio des RO en janvier".

"C'est une décision surprenante; le marché ne pensait pas que la banque centrale réduirait (le ratio des RO) si vite", commente Shi Chenyu (Industrial and Commercial Bank of China). "Le message est clair: la banque est disposée à assouplir sa politique".

Ce faisant la BPC s'aligne sur la Banque centrale européenne et sur les banques centrales du Brésil, de l'Indonésie et de la Thaïlande dans le sens d'un assouplissement, ce qui témoigne d'une crainte, celle de voir la crise de la dette de la zone euro faire replonger l'économie mondiale dans la récession.

RALENTISSEMENT AMPLIFIÉ

Une enquête Reuters publiée mardi montrait que 10 analystes sur 19 pensaient que la BPC réduirait le ratio des RO d'un demi-point en décembre. Huit penchaient plutôt pour le premier trimestre 2012 et un seul pour le deuxième trimestre.

Jusqu'à la mi-2011, la banque centrale chinoise avait adopté une politique monétaire restrictive pour combattre une inflation qui avait atteint en juillet un pic de trois ans de 6,5%.

De rares sorties nettes de capitaux ces derniers mois et la décision de la banque centrale en août d'élargir la base de calcul des RO avaient aussi abouti à tendre la liquidité.

Toutefois, dans la mesure où cette inflation allait par la suite en diminuant et que l'économie chinoise ressentait les effets d'un ralentissement de l'économie mondiale, Pékin avait opté pour une politique de "lissage fin", ciblant certains secteurs économiques, comme par exemple les PME pour lesquelles les conditions de crédit avaient été assouplies.

Les analystes ne pensent pas que la BPC va poursuivre son assouplissement monétaire en réduisant purement et simplement les taux d'intérêt. Elle continuera de réduire le ratio des RO à la place, estiment-ils.

La croissance économique de la Chine ralentit depuis trois trimestres consécutifs en raison d'un resserrement du crédit et d'une demande extérieure qui se contracte. Le taux de croissance annuel a été de 9,1% au troisième trimestre, le plus faible depuis le deuxième trimestre 2009.

Les données publiées ces derniers temps laissent penser que le ralentissement s'est amplifié.

L'indice PMI flash de novembre calculé par la banque HSBC est ainsi ressorti à 48 contre 51 en octobre. Il est repassé ainsi sous le seuil des 50 qui distingue la croissance de la correction.

HSBC publiera l'indice définitif jeudi, en même temps que l'indice officiel qui, de l'avis des analystes, montrera un secteur industriel en panne en novembre.

Des tels indicateurs viendraient appuyer une projection publiée cette semaine par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) suivant laquelle la croissance de la Chine tomberait à moins de 9% en 2012, et ce pour la première fois en une décennie.

Kevin Yao et Zhou Xin, Nicolas Delame pour le service français, édité par Catherine Monin

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI