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Marché : La bns cherche la parade à la hausse du franc suisse

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par Naomi Tajitsu

BERNE (Reuters) - La Banque nationale de Suisse (BNS) s'est pour l'heure abstenue de toute intervention directe sur les marchés pour endiguer la hausse du franc, mais elle a prévenu mercredi qu'elle pourrait prendre des mesures drastiques destinées à décourager l'afflux de capitaux.

Les moyens jusque-là mis en oeuvre par la banque centrale helvétique se sont révélé vains, comme en témoigne la nouvelle envolée affichée mercredi par la monnaie suisse.

Sa décision d'inonder le marché en francs, pour la deuxième fois en l'espace d'une semaine, n'a pas dissuadé les cambistes de continuer à se positionner sur la devise suisse, certains intervenants ayant anticipé des mesures bien plus musclées.

Ces derniers s'attendaient par exemple à un arrimage du franc à l'euro ou à la définition d'un plancher sur le taux de change euro/franc.

L'euro a perdu jusqu'à plus de 2%, tombant à 1,12482 franc sur la plateforme EBS dans un contexte très volatil, soutenu par une forte demande pour les actifs les moins risqués.

Vers 18h00 GMT, l'euro s'échangeait aux alentours de 1,139 franc.

"Les attentes des marchés étaient assez irréalistes, certains pensaient qu'il y aurait autre chose, tel qu'un arrimage du franc à l'euro", a commenté Gavin Friend, de National Australia Bank.

Si la plupart des analystes excluent que la BNS en arrive à une telle extrême, Geoff Kendrick, économiste de Nomura, rappelle qu'il lui reste encore quelques atouts dans sa manche. La SNB pourrait jouer sur ses taux, déverser davantage de francs sur les marchés ou encore taxer les dépôts en francs.

La fixation d'un plancher de changes euro/franc resterait une arme de dernier recours.

Cette "option nucléaire", comme la caractérise Geoff Kendrick, rappellerait l'intervention de la BNS en 1978 lorsqu'elle a fait en sorte de maintenir le mark allemand au dessus de 0,80 franc, suivant l'échec d'une politique menée plusieurs années durant, mêlant taux d'intérêt négatifs et contrôle des capitaux.

MESURES DE SOUTIEN À L'ÉCONOMIE

Soucieux de préserver son économie de l'impact négatif induit par la hausse de sa monnaie, Berne a annoncé deux milliards de francs (1,75 milliard d'euros) de mesures de soutien aux secteurs de l'économie où la situation est jugée "assez critique" en raison de cette évolution monétaire.

Certaines sociétés basées dans la Confédération, comme Roche ou Swatch, ont d'ores et déjà prévenu que l'affermissement de la devise suisse aurait des conséquences sur leurs résultats.

La ministre des Finances Eveline Widmer-Schlumpf a déclaré qu'elle soutiendrait toute mesure de la Banque nationale suisse visant à faire baisser le franc suisse, tout en ajoutant que c'était à la BNS de décider si elle voulait instaurer un objectif de taux de change.

La ministre a néanmoins ajouté que si la BNS voulait mettre en place des contrôles de capitaux, il faudrait qu'elle décide cela de concert avec le gouvernement fédéral.

Le ministre de l'Economie Johann Schneider-Ammann a, de son côté, dit s'attendre à ce que l'euro et le dollar restent faibles par rapport au franc jusqu'à l'automne.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marie Mawad

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