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Marché : La bce reprend ses achats obligataires, aide les banques

La bce reprend ses achats obligataires, aide les banquesLa bce reprend ses achats obligataires, aide les banques

par Marc Jones et Andrew Torchia

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne s'est efforcée jeudi de venir à la rescousse de la zone euro en rachetant des obligations d'Etat portugaises et irlandaises et en offrant une nouvelle mesure de liquidités pour les banques.

Après la décision de la BCE de laisser ses trois taux directeurs inchangés - le principal, le taux de refinancement est maintenu à 1,5% - son président Jean-Claude Trichet, a déclaré que le programme de rachat d'obligations de la banque, en sommeil depuis mars, se poursuivait.

Des traders ont rapporté avoir observé sur les marchés des achats provenant de la BCE alors même que son président s'exprimait devant la presse. Ces intervenants ont notamment évoqué des acquisitions de dette portugaise et irlandaise sur les marchés secondaires, mais pas de dette espagnole ou italienne.

Jean-Claude Trichet a laissé entendre à demi-mot que l'opération était effectivement en cours. "Je ne serai pas surpris que vous l'observiez avant même la fin de cette téléconférence", a-t-il dit.

Les investisseurs ont été déçus du non-achat de papier italien et espagnol : l'écart de rendement entre l'obligation espagnole à dix ans et le Bund allemand de référence s'est creusé à 400 points, contre 386 pts mercredi en clôture tandis que le spread obligation italienne/allemande est monté à 392 points, au plus haut depuis l'introduction de l'euro.

"Trichet a annoncé à la sauvette la reprise des achats d'obligations. Il n'y a pas eu de communiqué de la BCE, mais simplement une réponse vague à une question. On peut donc douter du sérieux de la BCE sur ce point précis", a commenté Holger Schmieding, de Berenberg Bank.

"La BCE a peut-être manqué une occasion d'agir de façon plus convaincante. La clé sera désormais de voir si la BCE intervient sur les marchés obligataires italien et espagnol, et dans quelle mesure", a-t-il ajouté.

LES TAUX POURRAIENT CONTINUER À MONTER

Jean-Claude Trichet a d'ailleurs reconnu que le directoire de la BCE, unanime sur les taux d'intérêts et les mesures de soutien monétaire, s'était divisé sur la question obligataire.

"Nous ne sommes pas unanimes, mais en écrasante majorité sur l'opération de rachat d'obligations", a-t-il indiqué lors de sa conférence de presse.

A la mi-journée, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait appelé à accroître les capacités du FESF.

La BCE était appelée à agir face à la détérioration rapide de la situation en Espagne et en Italie, où des crises similaires à celles des pays déjà renfloués auraient des conséquences bien plus graves encore.

Jean-Claude Trichet a indiqué que la BCE mènerait une opération destinée à renforcer durant six mois la liquidité bancaire en fournissant aux établissements des financements à court terme au moins jusqu'en janvier 2012.

De nombreuses banques grecques, portugaises et irlandaises n'ont plus accès aux marchés financiers, et certaines en Espagne et en Italie dépendent également du soutien de la BCE.

"Etant donné les tensions renouvelées sur certains marchés financiers, (la BCE) a également décidé de mener une opération de refinancement supplémentaire, avec une maturité d'approximativement six mois (...)", les soumissions étant servies en totalité, a déclaré Jean-Claude Trichet.

Mais malgré ce retour en mode réponse à la crise, le président de la BCE a laissé entendre que les taux d'intérêt étaient susceptibles de continuer à augmenter. Les banques centrales de Suisse et du Japon viennent à l'inverse de prendre des mesures d'assouplissement afin d'empêcher un renchérissement excessif de leurs devises.

"Nous allons continuer à suivre de très près tous les développements liés aux risques croissants pour la stabilité des prix", a déclaré Jean-Claude Trichet, employant une formule déjà utilisée après le relèvement des taux du mois dernier.

Avant la conférence de presse, les économistes estimaient que l'emploi de cette phrase impliquerait un nouveau relèvement des taux avant la fin de l'année.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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