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Marché : L'ue s'accorde du temps sur la grèce, le fmi suivrait

L'ue s'accorde du temps sur la grèce, le fmi suivraitL'ue s'accorde du temps sur la grèce, le fmi suivrait

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Jugeant acquis le soutien du FMI pour verser la cinquième tranche de prêts à la Grèce et lui éviter de faire défaut, les Européens se sont finalement donné jusqu'à mi-juillet pour ficeler un nouveau plan d'aide au pays.

Face à la nervosité des marchés et prenant acte des divergences persistantes entre les membres de la zone euro sur les contours de ce second plan de soutien, Olli Rehn s'est dit confiant jeudi dans le fait qu'Athènes obtiendrait à temps les 12 milliards d'euros de prêts prévus.

"Je suis confiant dans le fait que dimanche l'Eurogroupe décidera du décaissement de la cinquième tranche de prêts à la Grèce pour début juillet. Et j'ai aussi confiance dans le fait que nous serons à même de conclure l'évaluation en cours en accord avec le FMI", a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires dans un communiqué.

Le problème grec a à nouveau pesé sur les marchés financiers européens jeudi, en particulier sur le secteur bancaire français.

Et ce alors que la perspective d'un accord rapide sur la dette du pays s'éloignait et que le Premier ministre grec Georges Papandréou poursuivait la préparation d'une nouvelle équipe gouvernementale, au lendemain d'une journée d'action marquée par des violences contre sa politique d'austérité.

Il cherche désormais à obtenir un consensus national sur un nouveau plan d'austérité sur cinq ans, condition exigée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour débloquer l'aide en juillet.

Le FMI est "très préoccupé" par l'évolution de la situation en Grèce "qui a changé radicalement ces dernières vingt-quatre heures", a déclaré jeudi matin Zhou Min, conseiller spécial du directeur général du FMI, en marge d'une conférence à Paris.

"Nous sommes prêts à apporter notre soutien parce qu'il s'agit d'un dossier extrêmement important pour la Grèce, l'Europe et l'économie mondiale", a-t-il poursuivi.

PROBLÈMES LOURDS À RÉGLER

Plusieurs sources de haut rang au sein de la zone euro ont dit s'attendre à ce que le FMI verse sa part de la prochaine tranche d'aide à la Grèce contre un engagement des Européens à maintenir leur soutien au pays.

"La situation est claire : s'il y a un engagement fort des Européens à faire ce qu'il faut pour soutenir la Grèce, le FMI versera l'argent. Et bien cet engagement sera là", a expliqué à Reuters l'une de ces sources.

Le Fonds avait pourtant initialement fait d'un nouveau plan d'aide à la Grèce la condition sine qua non du versement de cette tranche, mais des divergences politiques et la difficulté technique à s'accorder sur la participation du secteur privé à ce plan rendent cette perspective tout à fait improbable.

L'Allemagne a proposé que les banques se voient offrir la possibilité d'un "swap" entre leurs obligations actuelles et de nouveaux titres à la maturité allongée mais une majorité de pays et la Banque centrale européenne préfèrent un "rollover" volontaire de la dette grecque par les banques européennes.

"Il y a un certain nombre de problèmes politiques à régler. On y travaille au plus haut niveau", a dit la source en référence à la réunion prévue demain à Berlin entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui a lancé un appel à l'esprit de responsabilité des Européens.

"Mais la vérité c'est qu'il y a aussi des problèmes techniques très lourds qui demandent beaucoup plus de temps pour être réglés", a-t-elle ajouté.

Des sources européennes et bancaires ont d'ailleurs indiqué que l'Allemagne souhaitait reporter à septembre l'adoption du deuxième plan d'aide.

Edité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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