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Marché : L'opep critique la mise à disposition des stocks de brut

L'opep critique la mise à disposition des stocks de brutL'opep critique la mise à disposition des stocks de brut

VIENNE (Reuters) - Le président de l'Opep maintient qu'il n'est pas nécessaire de mettre plus de pétrole sur le marché et déplore lundi l'initiative en ce sens prise par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

L'AIE a annoncé la semaine dernière la libération de réserves d'urgence, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ayant décidé auparavant de ne pas augmenter sa production pour compenser le manque libyen. C'est la troisième fois seulement que l'AIE prend une telle décision depuis 37 ans qu'elle existe.

Le ministre iranien du Pétrole Mohammed Aliabadi, qui occupe la présidence tournante de l'Opep jusqu'à la fin de l'année se trouvait à Vienne, où il rencontrait des responsables de l'Union européenne pour un échange d'idées annuel, régulier depuis juin 2005.

Cette rencontre pourrait être bien plus animée qu'à l'accoutumée, au moins en coulisses, au vu des dissensions au sein de l'Opep et des tensions entre le cartel et les pays consommateurs, surtout depuis le recours aux réserves.

"Le marché est dans des conditions normales (...) Il n'est pas nécessaire d'augmenter l'offre", a-t-il dit.

Mohammed Aliabadi s'est demandé pourquoi les grands pays consommateurs ne s'en tenaient pas aux principes de libre échange qu'ils prônent. "Pourquoi ne respectent-ils pas ces principes, c'est vraiment pour nous une grande question. Nous pensons que les prix doivent être déterminés par le marché lui-même", a-t-il dit.

L'Iran est l'un des pays de l'Opep à avoir bloqué ce mois-ci une proposition d'augmentation de la production défendue par les Saoudiens.

Le cours du Brent pour livraison en août a touché un plus bas de séance à 102,28 dollars le baril lundi, soit un recul de 10% environ par rapport à sa clôture de mercredi, à la veille de l'annonce de l'AIE.

"Le gros problème, c'est que l'Iran a la présidence de l'Opep en 2011 et en fait un instrument politique", commente Olivier Jakob, de Petromatrix. "Les communiqués qui émanent de l'Opep actuellement ne sont pas pertinents car l'Iran a kidnappé l'Opep et nous devrons attendre 2012 pour, peut-être, voir à nouveau l'Opep travailler comme une institution."

Le secrétaire général de l'Opep a lui aussi condamné de son côté l'initiative de l'AIE.

"J'espère qu'on arrêtera cette pratique, et immédiatement", a dit Abdullah al-Badri.

Michael Shields et Alex Lawler, Wilfrid Exbrayat et Natalie Huet pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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