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Marché : L'italie continue de payer cher pour emprunter

L'italie continue de payer cher pour emprunterL'italie continue de payer cher pour emprunter

par Valentina Za

MILAN (Reuters) - L'Italie a payé jeudi moins cher qu'en novembre pour emprunter sur le marché, mais les investisseurs ont néanmoins exigé un rendement proche de 7% pour acheter ses obligations à 10 ans, un coût difficilement supportable pour la troisième économie de la zone euro.

Des traders ont signalé que la Banque centrale européenne était intervenue deux fois après l'adjudication pour acheter du papier italien, mais en petites quantités.

Sur le marché secondaire, le rendement de la dette à 10 ans reste supérieur à 7%. L'euro a touché un plus bas de 15 mois sous 1,29 dollar en réaction à l'adjudication.

L'Italie a émis un peu plus de sept milliards d'euros au total, contre un objectif de cinq à 8,5 milliards, dans un marché peu actif de fin d'année.

Le Trésor a notamment adjugé pour 2,538 milliards d'euros d'obligations à trois ans à un rendement brut de 5,62%. Lors d'une opération similaire fin novembre, le rendement était ressorti à 7,89%, un record depuis la mise en place de l'euro.

Rome a également placé pour 2,5 milliards d'euros à 10 ans à un rendement brut de 6,98% contre 7,56% fin novembre - ce qui était là aussi un record depuis la création de l'euro - ainsi que 1,176 milliard à échéance 2021 au rendement brut de 6,70%.

"La baisse du rendement d'à peine une soixantaine de points de base par rapport à la fin novembre, dans un territoire où les rendements sont à ce point élevés, souligne que la pression sur l'Italie reste énorme, en dépit des actions de la BCE qui ont donné (à la dette à court terme) un gros coup de fouet", a commenté David Schnautz, analyste chez Commerzbank, à Londres.

Le coefficient de couverture a été de 1,364 pour le papier à échéance 2014, de 1,357 pour le 2022 et de 1,579 pour le 2021.

L'Italie avait émis mercredi pour neuf milliards d'euros de bons à six mois, avec un rendement brut de 3,251%, deux fois moins élevé que le record de 6,5% atteint fin novembre.

Le président du Conseil Mario Monti, après avoir jugé positives dans un premier temps que les adjudications de mercredi et jeudi, a par la suite constaté qu'elles ne suffisaient pas à rassurer les marchés.

Pour apaiser les marchés, "la plus grande partie du travail doit se faire en Europe", a-t-il dit lors d'une conférence de presse de fin d'année au cours de laquelle il a appelé à un renforcement "significatif" de la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière, sans préciser de montant.

Selon lui, le spread actuel entre dette italienne et allemande à 10 ans, qui dépassait les 502 points de base jeudi, n'a pas de fondement économique.

Les adjudications de jeudi seront réglées en janvier et viendront aider le Trésor italien à remplir un objectif de financement de l'ordre de 450 milliards d'euros l'an prochain.

Les investisseurs se posent d'ailleurs des questions sur la capacité du Trésor à refinancer 91 milliards d'euros de dette arrivant à échéance entre janvier et avril.

"On ne va parler que de l'Italie le prochain trimestre", résume Nicholas Spiro, chez Spiro Sovereign Strategy. "Au vu de l'ampleur des besoins de financement, on se pose beaucoup de questions sur l'aptitude de l'Italie à aller au bout de 2012."

L'Italie peut compter sur l'épargne locale pour placer son papier à court terme mais est plus dépendante de l'étranger pour le papier obligataire.

Wilfrid Exbrayat et Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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