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Marché : L'Irlande déclare la fin du plan d'aide FMI et de l'UE

L'Irlande sort du programme d'aide de l'UE et du FMIL'Irlande sort du programme d'aide de l'UE et du FMI

par Conor Humphries et Sam Cage

DUBLIN (Reuters) - Trois ans après avoir dû se résoudre à solliciter une aide internationale, l'Irlande s'apprête à sortir du plan de renflouement financier piloté par le FMI et l'Union européenne, a annoncé vendredi le ministre des Finances Michael Noonan.

"Ce n'est pas la fin de l'histoire mais c'en est une étape importante", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Nous devons poursuivre le même type de politique."

L'Irlande a sollicité une aide d'urgence voici trois ans pour remettre ses finances publiques en ordre. Son financement est désormais garanti jusqu'en 2015 grâce à une série d'émissions effectuées ces 18 derniers mois.

Le Fonds monétaire international a annoncé en fin de journée avoir versé la toute dernière tranche de son aide financière à Dublin, d'un montant de 890 millions de dollars (648 millions d'euros).

L'économie irlandaise commence à montrer des signes de rémission avec une prévision de croissance fixée à 2% l'année prochaine, et un taux de chômage retombé sous les 13% après avoir culminé à 15,1% en 2012.

Le pays pourrait désormais montrer la voie aux autres membres de la zone euro - Grèce, Portugal et Chypre - qui ont dû solliciter leurs partenaires et le Fonds monétaire international au prix de sévères cures d'austérité.

L'Irlande dispose actuellement de plus de 22 milliards d'euros de trésorerie disponible, près de deux fois plus que ce qu'avaient anticipé ses créanciers.

Dublin pourrait ramener l'année prochaine le poids de sa dette à 116% de son produit intérieur brut, après 124% cette année, a dit Michael Noonan.

L'amélioration de la situation de l'Irlande se reflète dans les conditions de financement qui lui sont faites, avec un coût d'emprunt à dix ans revenu autour de 3,5% alors qu'il a atteint jusqu'à 15%.

OPTIMISME À DUBLIN

S'il s'est engagé à maintenir une discipline budgétaire, Michael Noonan a dit aussi qu'il allait commencer à réfléchir à des baisses d'impôts pour les deux prochains exercices budgétaires.

"Si nous pouvons effectuer quelques modifications susceptibles d'aider l'économie et de créer davantage d'emplois, nous le ferons", a-t-il dit.

Cet optimisme est toutefois tempéré par certains économistes.

"Il faut qu'ils soient prudents. Il ne faut pas réduire les impôts à tout prix", a souligné Alan McQuaid, économiste, irlandais, de Merrion Stockbrockers. "C'est une belle histoire pour l'Union européenne, et c'est une bonne histoire pour nous, mais nous sommes toujours à la merci des facteurs mondiaux."

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a déclaré de son côté que l'économie irlandaise avait encore nombre de problèmes à résoudre, parmi lesquels figurent un chômage élevé et une dette publique lourde.

"La poursuite de la mise en oeuvre de la politique concertée est donc nécessaire pour que l'Irlande se remettre complètement de la crise", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Sortir du cadre d'un plan d'aide est une réussite incontestable pour le gouvernement du Premier ministre Enda Kenny, auquel il reste cependant beaucoup à faire pour convaincre la population et regagner en popularité.

Son discours prévu dimanche soir, date qu'il a retenue pour officialiser l'autonomie financière retrouvée de l'Irlande, sera un premier test.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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