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Marché : L'insee voit un ralentissement de la croissance au 2e trimestre

L'insee voit un ralentissement de la croissance au 2e trimestreL'insee voit un ralentissement de la croissance au 2e trimestre

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Un printemps précoce mais pas forcément durable: ainsi pourrait-on résumer les nouvelles prévisions économiques de l'Insee pour la France, qui laissent augurer d'un ralentissement de la dynamique de reprise au deuxième trimestre après un début d'année soutenu.

Dans sa note trimestrielle de conjoncture, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit désormais 0,6% de croissance pour les trois premiers mois de l'année, soit deux fois plus qu'attendu en décembre, mais seulement 0,4% pour le deuxième trimestre.

Certes, les perspectives d'activité des entreprises françaises à court terme sont favorables, comme le montrent les enquêtes de conjoncture, qui augurent d'une accélération de la production et de l'investissement des entreprises en parallèle à la remontée du taux d'utilisation des capacités.

Mais cette dynamique de reprise risque au fil des mois d'être privée, au moins partiellement, de plusieurs des soutiens présents en début d'année, et de souffrir de trois "chocs négatifs" ayant des répercussions mondiales.

Il s'agit du séisme et du tsunami du 11 mars au Japon (qui devraient se traduire par une contraction du PIB nippon au premier semestre), de l'envolée des prix du pétrole et des produits alimentaires et des politiques menées par plusieurs pays asiatiques, Chine en tête, pour juguler le risque de surchauffe inflationniste.

Le rebond rapide du commerce mondial après le coup de frein de la fin 2010 devrait donc s'atténuer. Quant à la demande intérieure française, soutenue en début d'année par l'"effet de traîne" de la fin de la prime à la casse automobile et par un rebond ponctuel des travaux publics, elle pourrait s'essouffler légèrement au deuxième trimestre.

A ces facteurs, il faut évidemment ajouter l'impact de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières.

Selon les calculs de l'institut, la remontée du cours du baril de Brent (+5 euros au quatrième trimestre 2010, +12 euros sur les trois premiers mois de cette année) devrait amputer de 0,05 point le taux de croissance sur janvier-mars, puis de 0,15 point sur avril-juin.

PAS D'EFFETS DE SECOND TOUR EN VUE

La conjonction de cette poussée d'inflation et de la modération salariale, favorisée par un chômage toujours élevé, risque de limiter la hausse du pouvoir d'achat à 0,1% au premier trimestre et 0,3% au deuxième, donc de freiner la consommation.

L'Insee prévoit en effet une répercussion progressive de l'envolée des prix des matières premières et du pétrole sur les prix à la consommation, qui porterait mi-2011 l'inflation sous-jacente à 1,0% et l'indice des prix à la consommation à 1,9%.

Pour autant, il n'anticipe guère d'"effets de second tour", c'est-à-dire une propagation de la hausse des prix aux salaires. Un phénomène qui a pourtant motivé la remontée des taux d'intérêt annoncée ce jeudi par la Banque centrale européenne.

Car l'amélioration du marché du travail devrait rester très progressive, avec certes une hausse des créations d'emplois dans les secteurs marchands (78.000 au premier semestre après 60.000 sur la deuxième moitié de 2010) mais aussi une baisse dans l'emploi non-marchand, conséquence d'un moindre soutien des emplois aidés.

Le taux de chômage stagnerait donc au premier trimestre, à 9,2% en métropole, pour ne reculer que d'un petit dixième de point sur avril-juin, estime l'Insee.

Dans ces conditions, l'acquis de croissance à la fin du premier semestre serait de 1,4%. Atteindre le chiffre de 2,0% prévu pour l'instant par le gouvernement pour l'ensemble de cette année nécessiterait donc que le PIB français progresse de 0,7% au troisième comme au quatrième trimestres, selon les calculs de l'Insee.

La décélération promise à la France entre le premier et le deuxième trimestre devrait toucher la plupart des autres grandes économies avancées, mais avec des ampleurs variables. La croissance allemande serait ainsi de 1,0% sur janvier-mars et de 0,8% sur avril-juin tandis qu'au Royaume-Uni, elle tomberait de 1,0% à 0,1%.

Edité par Patrick Vignal

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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