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Marché : L'insee confirme la stagnation du pib au 2e trimestre

L'insee confirme la stagnation du pib au 2e trimestreL'insee confirme la stagnation du pib au 2e trimestre

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - L'Insee a confirmé mercredi la stagnation de l'économie française au deuxième trimestre, conséquence de la dégradation des marges des entreprises et de la montée de l'épargne de précaution.

Le "calage" de la croissance sur le trimestre avril-juin après la performance soutenue (+0,9%) des trois premiers mois de l'année, la meilleure depuis le deuxième trimestre 2006, avait déjà conduit le mois dernier le gouvernement à revoir à la baisse ses prévisions.

L'Institut national de la statistique a néanmoins revu en légère hausse, à 1,5%, l'acquis de croissance à fin juin, c'est-à-dire la performance d'ores et déjà assurée pour l'ensemble de l'année même si la stagnation perdure sur les six derniers mois de l'année.

Fin août, le premier ministre, François Fillon, avait tiré les conséquences de ce coup de frein en ramenant de 2,0% à 1,75% la prévision de croissance gouvernementale pour cette année, et de 2,25% à 1,75% celle de 2012.

Des objectifs que la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a une nouvelle fois réaffirmés mercredi sur Europe 1 en réaction aux chiffres de l'Insee, parlant de prévisions "prudentes et réalistes" peu avant la présentation du projet de budget 2012.

Le détail des comptes nationaux trimestriels confirme que la demande intérieure a eu une contribution négative (-0,3 point) au PIB du deuxième trimestre, compensée par une contribution positive du commerce extérieur, elle-même liée à un repli des importations (-0,9%).

La consommation des ménages a reculé de 0,7% sur avril-juin après une hausse de 0,4% sur janvier-mars. Elle n'a donc pas profité de l'accélération du pouvoir d'achat, en hausse de 0,6% après +0,2% sur les trois mois précédents.

Car face aux mauvaises nouvelles économiques et à la persistance d'un chômage élevé, les ménages ont augmenté leur taux d'épargne de 1,1 point d'un trimestre sur l'autre pour le porter à 17,0%, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2009.

CONSOMMATION ET INVESTISSEMENT À LA PEINE

Une envolée qui conforte le statut de "champion de l'épargne" de la France au sein de l'OCDE.

"Il y a un double effet, d'une part de montée de l'épargne de précaution face aux difficultés de la croissance et du marché du travail, d'autre part de ralentissement du recours au crédit", explique Cyril Blesson, économiste au cabinet Pair Conseil.

"Le taux d'épargne va rester historiquement élevé, ajoute-t-il. C'est peut-être une mauvaise nouvelle du point de vue de la conjoncture économique mais ça permet à la France de s'éviter certaines difficultés de financement de sa dette publique !"

Si le moteur de la consommation connaît donc des ratés, celui de l'investissement des entreprises est loin de tourner à plein régime.

La progression de l'investissement des sociétés non-financières a été révisé en baisse à 0,3% au deuxième trimestre contre 1,9% sur janvier-mars. Quant à leurs marges, elles se sont nettement dégradées pour tomber à 28,9%. Leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 1986, précise l'Insee.

"Au début de l'année, on avait l'impression que la France était un pays tiré par les investissements , comme les pays du nord de l'Europe ou l'Allemagne, après quasiment 10 années sans investissements", commente Michel Martinez, économiste de Société Générale.

"Aujourd'hui, on a des données dures qui, à la fois en terme de données d'investissement et de taux de profits, d'enquêtes sur la trésorerie et sur la distribution de crédit, montrent que les perspectives de croissance du gouvernement appuyées sur l'investissement sont peut-être un peu élevées."

Lui-même prévoit une croissance 2012 limitée à 1,1%, à condition que le dossier de la dette grecque soit rapidement débloqué.

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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