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Marché : L'horizon 2012 s'assombrit pour la croissance française

L'horizon 2012 s'assombrit pour la croissance françaiseL'horizon 2012 s'assombrit pour la croissance française

par Vicky Buffery

PARIS (Reuters) - Les perspectives de croissance françaises pour 2012 se détériorent, montrent mercredi une enquête Reuters, ce qui pourrait empêcher le gouvernement d'atteindre son objectif de réduction du déficit alors que celui-ci devient l'un des enjeux phares de la pré-campagne pour l'élection présidentielle.

La médiane des prévisions d'une vingtaine d'économistes interrogés début juillet montre que le produit intérieur brut (PIB) ne devrait progresser que de 1,7% en 2012, contre 1,8% attendu lors de l'enquête précédente en avril.

Cette nouvelle révision à la baisse du consensus, la troisième consécutive, confirme que la deuxième économie de la zone euro perd peu à peu de son élan, sur fond d'austérité budgétaire et de persistance d'un chômage supérieur à la moyenne des Dix-Sept.

Et les estimations des économistes s'éloignent de la prévision de 2,25% du gouvernement, censée permettre de ramener les déficits publics à 4,6% du PIB l'an prochain, puis l'année suivante à 3%, le plafond prévu par le Traité de Maastricht.

Pour 2011 en revanche, les économistes interrogés ont revu à la hausse leurs pronostics et le consensus atteint désormais 2,0% contre 1,7% il y a trois mois, pour prendre en compte la croissance de 0,9% - supérieure aux attentes - enregistrée au premier trimestre.

"La croissance du PIB ne sera une nouvelle fois probablement guère mieux que modeste en 2012, ce qui empêchera la France d'atteindre son objectif de réduction de dette", estiment les analystes de DZ Bank Research.

Selon la médiane des prévisions des économistes, les déficits français devraient représenter 5,9% du PIB cette année, contre 6,0% attendu en avril.

Une amélioration qui a justement un prix: les mesures d'austérité destinées à contenir les déficits pénalisent le pouvoir d'achat des consommateurs alors que l'inflation et le chômage réduisent le potentiel de croissance.

Ainsi les analystes interrogés s'attendent à ce que les déficits atteignent encore 5,0% du PIB l'an prochain, dépassant ainsi de 0,4 point l'objectif prévu par le "programme de stabilité" transmis par Paris aux autorités européennes.

La lutte contre les déficits est l'un des principaux arguments mis en avant par le camp de Nicolas Sarkozy face à l'opposition socialiste.

La majorité présidentielle a ainsi approuvé l'inscription dans la Constitution d'une "règle d'or" limitant les déficits, une réforme qui nécessite un vote aux trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès pour être définitivement adoptée, ce qui suppose un vote favorable d'élus d'opposition.

Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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