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Marché : L'europe pousse les banques à participer à l'aide à la grèce

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par Gernot Heller et Lionel Laurent

BERLIN/PARIS (Reuters) - L'Europe, soucieuse d'épargner au contribuable la totalité de la charge d'un renflouement de la Grèce, presse banques et assureurs de participer volontairement à un deuxième plan de sauvetage.

Des discussions en ce sens ont débuté mercredi dans l'ensemble de la zone euro, ont dit à Reuters trois sources au fait du dossier.

"Le ministère des Finances a invité les banques et les assureurs à des négociations au niveau d'un groupe de travail à Francfort", a dit une source, ajoutant que toutes les banques et tous les assureurs susceptibles d'être concernés y prendraient part.

En France, un porte-parole de la Fédération française des sociétés d'assurances a indiqué à Reuters que le président de la FFSA Bernard Spitz se trouvait mercredi au ministère de l'Economie pour discuter de la participation volontaire du secteur privé au plan d'aide à la Grèce.

Une source du gouvernement italien a dit de son côté que les banques italiennes étaient prêtes à reconduire les échéances de leurs obligations souveraines grecques, dans des conditions conformes à l'Initiative de Vienne.

"Les banques y sont disposées; les discussions sont en cours", a dit une source proche des discussions entre le Trésor italien et les banques.

Le gouvernement socialiste grec de Georges Papandreou a remporté dans la nuit de mardi à mercredi un vote de confiance au parlement, ouvrant la voie à l'adoption d'un plan d'austérité sur cinq ans, permettant ainsi le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne (UE).

Les lois d'application de ces diverses mesures d'austérité s'élevant à 28 milliards d'euros sur cinq ans, - économies, hausses d'impôts et privatisations - devront ensuite être adoptées d'ici mardi prochain, avant un Eurogroupe exceptionnel le 3 juillet.

Selon un haut fonctionnaire allemand, le déblocage de la nouvelle tranche d'aide ne pourra intervenir qu'après cette date.

Avant cela, les dirigeants européens se réuniront jeudi et vendredi pour discuter des prochaines mesures à prendre pour soutenir la Grèce, mais Angela Merkel a d'ores et déjà déclaré n'attendre aucune décision concrète de ce Conseil.

Pareillement, une source française a dit que la question du sauvetage financier de la Grèce ne serait pas à l'ordre du jour de ce Conseil européen.

Pourtant, un haut fonctionnaire grec a dit que les chefs d'Etat et de gouvernement européens aborderaient la crise de la zone euro et la participation du privé au sauvetage de la Grèce à l'occasion d'un dîner lors du Conseil.

"VOLONTAIRE ET VOLONTAIRE"

Les gouvernements européens tenteront de faire accepter aux créanciers privés un accord de reconduction (rollover), sur la base du volontariat, par lequel ces derniers prendraient possession de nouveaux titres de dette qui viendraient se substituer aux obligations arrivées à échéance.

L'Allemagne a été contrainte d'abandonner l'idée d'un échange de titres obligataires rallongeant l'échéance de la dette grecque de sept ans.

Angela Merkel, qui fait face à une fronde dans son propre pays pour avoir concédé que cette contribution du secteur privée devait être volontaire, a écarté l'hypothèse d'une "décote" forcée qui risquerait, selon elle, d'enclencher une propagation de la crise aux pays les plus fragiles de la zone euro.

Une source gouvernementale allemande a fait savoir que le calendrier d'un accord sur la contribution du secteur privé était encore incertain. "Les discussions viennent tout juste de commencer; laissons-les se poursuivre. Nous ferons une première évaluation le 3 juillet", a-t-elle dit.

En échange de leur soutien, les banques allemandes réclament des garanties de l'Etat et il est probable que les discussions vont aborder les modalités d'un tel échange.

"Ce doit être (une participation) volontaire mais il y a volontaire et volontaire", dit Simon Adamson, analyste de Creditsights.

Le nouveau plan d'austérité grec prévoit qu'Athènes lève 50 milliards d'euros grâce aux privatisations et implique un assainissement budgétaire de 6,5 milliards d'euros en 2011.

La plupart des analystes doutent cependant toujours de la capacité du pays à rembourser sa dette abyssale de 340 milliards d'euros. Le directeur général de Pimco, premier gestionnaire mondial de fonds obligataires, a déclaré s'attendre à ce que la Grèce et d'autres économies européennes fassent défaut sur leur dette en tentant de résoudre la crise qui agite la zone euro.

Mais même si la Grèce se retrouvait en défaut, les charges de dépréciation pour les banques ne seraient pas forcément dévastatrices, estiment certains analystes. Mais le risque est qu'un défaut provoque une chute libre des marchés et un effet de contagion vers des pays tels que l'Espagne et l'Italie.

Catherine Monin pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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