Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : L'euro pâtit de nouveau de l'indécision européenne

Marché : L'euro pâtit de nouveau de l'indécision européenne

tradingsat

(CercleFinance.com) - Sous les 1,33 dollar l'euro : la monnaie unique européenne perdait de nouveau du terrain face au dollar ce midi sur un regain d'inquiétudes quant à la crise souveraine qui s'étend toujours en zone euro, au point d'en toucher le coeur. Réunis en sommet hier, les dirigeants de l'Allemagne, la France et l'Italie n'ont toujours pas répondu aux craintes exprimées sur les marchés, qui se sont donc avivées. Les taux d'intérêt souverains de l'Italie à 10 ans dépassent de nouveau les 7%.

Ainsi, l'euro sombre de 0,73% à 1,3244 dollar et de 0,53% face à la livre à 0,8565. Sa baisse se limite à 0,19% à 102,6 contre le yen, et à 0,02% face au franc suisse à 1,2264.

La tension se maintient sur les emprunts souverains européens, à l'image de l'emprunt d'Etat à 10 ans de la Belgique (5,79% ce midi) et de celui d'Italie (7,32%), quand l'Espagnol se tendait moins vite à 6,69%. Le Bund allemand se maintient à 2,23%, c'est-à-dire exactement le même taux que le Gilt (le “10 ans” britannique, hors zone euro), l'OAT française restant pratiquement stable elle aussi à 3,68%.

Ainsi donc, lors du sommet européen de la veille, la chancelière allemande Angela Merkel a de nouveau refusé hier l'institution d'”eurobonds”, qui auraient fait augmenter le taux d'intérêt souverain que paie l'Allemagne. Et elle ne fait pas davantage de concessions concernant l'intervention massive de la BCE sur le marché secondaire de la dette souveraine.

Certains opérateurs comme Franklin Picard, chez Barclays Bourse, ne cachent pas leur énervement : “pourtant, la contagion de la crise grecque à l'ensemble de la zone euro touchera aussi l'Allemagne (oui l'Allemagne fait partie de la zone euro !). En partant du principe que le FESF semble avoir des difficultés pour lever des capitaux face à la détérioration du marché récemment, il semble urgent de faire évoluer la position de l'Allemagne concernant le rôle à jouer de la BCE. Il ne nous semble pas dans l'intérêt des Etats de la zone euro de provoquer une disparition de l'Union économique et monétaire”.

Si ce n'est leur colère: “mais les dirigeants européens n'ont pas tout raté. Les politiques n'ont pas le rythme des marchés. Dans ce contexte on déplorera les ratages sur la Grèce, sur le FESF, sur le rôle de la BCE, sur les politiques monétaires et budgétaires... En revanche on leur attribuera un succès : celui d'avoir cassé la croissance, fait naître le doute et brisé la confiance des chefs d'entreprises et des ménages, d'avoir brisé le redémarrage que nous commencions à observer. Et avec un petit effort supplémentaire, nous (la France, NDLR) perdrons notre AAA déjà controversé et qualifié à l'étranger de 'voyageur clandestin de la zone euro'”.

Guère plus optimistes, les cambistes de Pictet & Cie rapportent des informations alarmantes en tous sens. “Le chef économiste de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, a déclaré que le prochain scénario (qui sera publié lundi) des prévisions économiques serait négatif et que les conséquences sur l'emploi s'avèrent inquiétantes. La récession ne pourra être évitée en Europe qu'en utilisant des ressources importantes pour calmer les marchés.”

“Le délai imparti (25 décembre) aux banques allemandes pour soumettre leurs projets de capital à l'Autorité bancaire européenne (ABE) ne devrait pas être respecté par certaines banques, selon la fédération bancaire allemande”, ajoutent-ils.

“Dans l'espoir de calmer les tensions existantes sur les marchés interbancaires, la BCE envisage des opérations de liquidités à 2 ou 3 ans !”, rapportent-ils enfin.

Aurel BGC ajoute aussi que la crise du crédit risque de ne pas se cantonner aux papiers souverains. “La défiance vis-à-vis des Etats contamine les papiers bancaires. Mais la dégradation des bilans bancaires peut induire un credit crunch : les entreprises ne peuvent trouver des financements auprès des banques. Les entreprises ayant d'importants programmes de refinancement peuvent être mises en difficulté. Le problème de liquidité se transforme alors en en risque de solvabilité”, écrivent les analystes ce matin.

Aucune statistique américaine n'est attendue en ce “Black Friday” aux Etats-Unis, où les marchés financiers ne seront ouverts que le matin après être restés clos hier pour cause de “Thanksgiving”.

Copyright (c) 2011 CercleFinance.com. Tous droits réservés.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...