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Marché : L'etat va dans le sens d'edf en fixant le prix de gros

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PARIS (Reuters) - Le prix de gros de l'électricité nucléaire qu'EDF revend à ses concurrents sera fixé à 40 euros le mégawatt/heure à partir du 1er juillet 2011, puis passera à 42 euros au 1er janvier 2012, a annoncé mardi Eric Besson, allant ainsi dans le sens de ce que demandait l'électricien français.

Dans le cadre de la réforme du marché français de l'électricité (loi Nome), EDF demandait que ce prix de départ soit fixé à 42 euros et qu'il évolue progressivement vers 45 à 46 euros par mégawatt/heure, tandis que ses rivaux, parmi lesquels GDF Suez, réclamaient 35 euros.

"Il s'agit de sécuriser l'approvisionnement des Français, de conforter EDF qui est une entreprise majeure pour notre électricité, et de tenir compte pour l'avenir par précaution des travaux qu'EDF pourrait être amené à engager après la catastrophe de Fukushima et après l'audit de nos centrales nucléaires", a expliqué le ministre de l'Industrie et de l'Energie sur Europe 1.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) auditionnera jeudi EDF "pour lui demander quelles sont les conclusions qu'il tire de l'accident très grave de Fukushima", a encore dit le ministre en précisant que l'ASN présentera mercredi le cahier des charges de l'audit des centrales nucléaires françaises.

FAVORABLE À EDF

Le prix décidé par le gouvernement appelé Accès régulé au nucléaire historique (Arenh), va dans le sens de ce que demandait l'électricien français, dont l'action est en forte hausse mardi à la Bourse de Paris.

A 16h40, l'action EDF s'inscrivait en hausse de 4,30%, à 27,79 euros, à comparer avec une progression de 0,81% de l'indice CAC 40.

"Un prix de 42 euros le mégawatt/heure à partir de janvier 2012 devrait être perçu comme un signal positif pour l'action EDF à court terme", déclare un trader basé à Paris.

Dans le même temps, le petit concurrent de l'électricien français, Poweo, voyait son titre chuter de 4,38%.

L'action GDF Suez était en léger recul de 0,02%, à 26,4750 euros.

A la question de savoir si le prix de l'Arenh entraînerait une hausse des tarifs réglementés pour les particuliers, Eric Besson a répondu qu'il n'y avait pas de "lien mécanique" entre les deux.

La loi Nome prévoit que le prix de l'Arenh entre dans la composition des tarifs réglementés d'ici fin 2015, le gouvernement étant libre de répercuter son impact sur les tarifs réglementés avant cette date.

Pour l'UFC-Que choisir, la loi est détournée de son objectif initial qui visait l'instauration d'une concurrence avantageuse pour les consommateurs.

"On peut jouer sur les mots mais d'ici 2015, mécaniquement, un coût élevé pour l'Arenh signifie une augmentation des tarifs réglementés", a dit Caroline Keller, chargée de mission énergie à l'UFC-Que choisir.

GDF Suez a regretté mardi le choix de 42 euros, une décision qui allait, selon le groupe, "pénaliser les clients immédiatement pour la plupart des entreprises" qui ont abandonné les tarifs réglementés et "progressivement pour les ménages".

"Le niveau de l'Arenh ne permettra pas, contrairement aux engagements pris par la France vis-à-vis de la Commission européenne, l'établissement d'une concurrence efficace sur la fourniture d'électricité en France pour tous les consommateurs", peut-on lire dans une déclaration de GDF Suez envoyé par courriel.

En mai 2010, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait indiqué dans un document de travail qu'un prix de 42 euros signifierait que les tarifs pour les particuliers et les petits professionnels entraineraient un relèvement immédiat des tarifs de 11,4% puis de 3,5% par an entre 2011 et 2025.

Pour les entreprises, la hausse serait de 14,8% initialement puis de 3,7% par an entre 2011 et 2025 selon la CRE.

Face à la récente flambée des prix de l'énergie, le gouvernement français a annoncé au début du mois que l'augmentation des tarifs de l'électricité pour les ménages serait inférieure à 3% cette année.

Eric Besson a confirmé le gel des prix du gaz, qui n'augmenteront pas avant l'année prochaine.

A 16h40, l'action EDF s'inscrivait en hausse de 4,26%, à 27,77 euros, à comparer avec une progression de 0,92% de l'indice CAC 40.

Marie Mawad, Elizabeth Pineau et Mathilde Cru, avec Blaise Robinson, édité par Matthieu Protard

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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