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Marché : L'austérité, un remède pire que le mal pour l'italie ?

L'austérité, un remède pire que le mal pour l'italie ?L'austérité, un remède pire que le mal pour l'italie ?

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le problème de l'Italie n'est pas tant son déficit budgétaire élevé que la faiblesse chronique de sa croissance et contraindre Rome à adopter des mesures d'austérité alors que son économie fait face à un nouveau ralentissement pourrait s'avérer contre-productif.

Au vu de la forte hausse des rendements obligataires de l'Italie qui menaçait de propager la crise de la dette dans la zone euro, la Banque centrale européenne a finalement accepté de racheter du papier italien, mais seulement sous certaines conditions.

Soutenue par Paris et Berlin, la BCE a notamment demandé à Rome de proposer un plan de rééquilibrage du budget et de libéraliser son secteur public.

Acculé, le président du Conseil Silvio Berlusconi n'a pu qu'accepter ces exigences.

Afin de répondre aux attentes de la BCE, le ministre des Finances Giulio Tremonti doit désormais trouver comment réduire de 20 milliards d'euros le déficit, au risque de pousser l'économie dans la récession.

Les premières pistes explorées - impôt sur la richesse, réduction des avantages sociaux et des déductions fiscales aux entreprises et ménages - n'aideront guère à la reprise de la demande.

"Ce nouveau durcissement fiscal va sans aucun doute faire du mal à l'économie. La consommation des ménages va être nettement moins élevée", prévoit Fabio Fois, analyste chez Barclays Capital.

Ce dernier s'apprête à abaisser ses prévisions de croissance dans la péninsule, qui sont pourtant déjà au niveau alarmant de 1,0% en 2011 et 1,1% en 2012.

CROISSANCE PARMI LES PLUS LENTES AU MONDE

Ces dix dernières années, la croissance moyenne de l'Italie n'a pas dépassé 0,3% par an, ce qui en fait l'économie au développement le plus lent de la zone euro.

Au niveau mondial, seuls le Zimbabwe, l'Erythrée et Haïti connaissent une croissance moins soutenue.

Sur cette même décennie, l'Italie est le seul pays développé où le produit intérieur brut par habitant a diminué et où la productivité horaire a stagné. Le pouvoir d'achat réel des Italiens a diminué de 4%.

Quand la zone euro plonge dans la récession, l'Italie descend encore plus profondément et quand la croissance revient, elle y reste anémique.

Rome n'a à ce jour regagné que deux des sept points de pourcentage de production perdus durant la crise de 2008-2009.

En comparaison, le déficit budgétaire, sur lequel l'attention de la BCE s'est focalisée, devrait atteindre 3,9% du PIB cette année, soit un niveau inférieur à la moyenne de la zone euro.

Tout comme son déficit, la dette de l'Italie a bien moins augmenté que celle de ses partenaires européens, mais à 120% du PIB, elle reste la deuxième plus élevée d'Europe après la Grèce en ratio, et également la deuxième, après l'Allemagne, en valeur absolue.

Jusqu'à cet été, l'une des raisons expliquant que l'Italie semblait ne pas être affectée par la crise de la dette reposait sur la politique budgétaire prudente menée par Giulio Tremonti, qui a maintenu les dépenses sous contrôle et évité toute mesure de relance majeure durant la récession.

Avant même l'annonce des mesures d'austérité prévues, les analystes estimaient que la reprise modeste de la croissance observée au deuxième trimestre, +0,3%, était déjà terminée.

Certains tablent désormais sur une contraction du PIB au troisième trimestre, un très mauvais augure pour la note souveraine de l'Italie.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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