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Marché : L'attentisme se maintient sur le marché des changes

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(CercleFinance.com) - Aucune tendance ne se dégageait vendredi sur la parité de changes liant la monnaie unique européenne au billet vert américain. En vigueur depuis le début de la semaine, cette tendance signale l'attentisme des cambistes en vue du sommet européen très attendu de dimanche. Il ne devrait pourtant pas s'y passer grand-chose de neuf. Vers 12 heures 45, l'euro cédait 0,05% à 1,3770 dollar.

La devise européenne cédait 0,23% contre le franc suisse à 1,2291, 0,15% contre la livre à 0,8714 et 0,16% face au yen à 105,6.

Un communiqué franco-allemand indiquait hier : 'le président de la République et la chancelière allemande se sont entretenus ce jour par téléphone pour préparer les échéances européennes de ces prochains jours.' Ils ont, indique le document, “marqué leur accord complet pour apporter une réponse globale et ambitieuse à la crise que traverse actuellement la zone euro” et sont donc... d'accord pour se mettre d'accord, mais pas sur un accord.

Concernant la Grèce, 'la France et l'Allemagne demandent que les négociations s'engagent immédiatement avec le secteur privé pour trouver un accord permettant de renforcer cette soutenabilité.'

Et de finir : 'la France et l'Allemagne sont convenues que l'ensemble des éléments de cette réponse globale et ambitieuse sera examiné de manière approfondie lors du sommet de dimanche pour pouvoir être adopté définitivement par les chefs d'Etat et de gouvernement lors d'une deuxième rencontre au plus tard mercredi'.

Certes, le conseil européen, déjà reporté des 17-18 au dimanche 23 octobre, n'est pas reporté de nouveau. Mais les annonces sont cependant reportées. Comme le résume Aurel BGC, 'les vraies décisions ne pourraient pas être annoncées avant mercredi. La zone euro devrait annoncer dimanche des décisions de principe sur la réponse à la crise de la dette mais pas d'accord finalisé car de nombreux éléments 'techniques' resteront à régler. Mais, clairement, les Européens restent divisés sur les modalités permettant de renforcer les moyens d'intervention du FESF, sans mettre à nouveau à contribution les budgets des Etats.'

La faiblesse institutionnelle de l'Europe est aussi soulignée par les analystes : 'la pression sur Mme Merkel est aussi très forte en interne. Selon le FT, elle serait contrainte de repasser devant le Parlement pour qu'il lui délivre un mandat pour les négociations qui se dérouleront samedi avec Nicolas Sarkozy.'

Et le désaccord persiste. Un cambiste nord-européen rapporte que “des rumeurs ont indiqué que la France veut doter le FESF d'un effet de levier via la BCE, quand l'Allemagne ne désire qu'augmenter les fonds du FESF par des garanties”. Un accroissement des fonds considérés (440 milliards d'euros actuellement) semble inévitable, indique-t-il, mais on n'est plus sûr de la date à laquelle il sera décidé. Ce ne sera donc plus dimanche, mais après, la date-limite étant le sommet du G20 des 3-4 novembre.

De toute façon, l'exercice relève de la quadrature du cercle : 'n'oublions pas que le problème de fond est complexe et repose, in fine, sur la capacité des États à mettre en oeuvre des plans de réduction des déficits budgétaires crédibles sans pour autant provoquer un ralentissement plus important de la croissance (voir une aggravation de la récession)', souligne Barclays Bourse.

En attendant, souligne-t-on chez Pictet & Cie, “le 'spread' entre le rendement des emprunts allemands et français atteint son plus haut niveau depuis 19 ans”. Cet écart de taux est actuellement de l'ordre de 120 points, ce qui signifie que le rendement d'un Bund allemand est inférieur de 1,2 point de pourcentage à celui d'une OAT française. Début juillet, ce “spread” était inférieur à 50 points de base (0,5 point). Le creusement de cet écart dénote de la perception d'un risque accru sur la dette française relativement à celle d'outre-Rhin.

Par ailleurs, le climat des affaires s'est encore dégradé en Allemagne au mois d'octobre, selon l'indice de l'institut Ifo qui est ressorti à 106,4 ce mois-ci, contre 107,4 en septembre, à peu près comme les économistes s'y attendaient.

Aucun indicateur majeur n'est attendu cet après-midi des Etats-Unis.

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