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Marché : Jean-marc ayrault rejette toute idée de front anti-merkel

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PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Français a rejeté vendredi toute idée de front des pays du Sud de l'Europe pour isoler la chancelière allemande Angela Merkel dans les discussions sur la gestion de la crise de la zone euro.

"Ce n'est absolument pas ma position et ce n'est pas celle de la France", a déclaré Jean-Marc Ayrault sur Europe 1 au lendemain d'une rencontre à Rome entre le président François Hollande et le président du Conseil italien Mario Monti.

Il s'est ainsi efforcé de dédramatiser le débat franco-allemand, qui a parfois semblé prendre un tour acrimonieux, depuis l'élection du successeur socialiste de Nicolas Sarkozy, avec qui la chancelière constituait le couple "Merkozy".

A deux jours du second tour d'élections législatives qui devraient donner une majorité confortable à François Hollande, l'UMP, désormais dans l'opposition, a de nouveau accusé le PS et ses dirigeants de mettre à mal les relations franco-allemandes.

La secrétaire nationale de l'UMP Camille Bedin dénonce ainsi dans un communiqué des "propos honteux et violents" à l'égard du gouvernement allemand et de son chef.

"Ce n'est pas parce qu'ils ne partagent pas les positions de la chancelière Angela Merkel qu'ils sont obligés de saborder le couple franco-allemand", écrit-elle notamment.

Elle se réfère notamment à des propos du ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a accusé jeudi la chancelière de faire montre d'"aveuglement idéologique", et à un commentaire, le même jour, du Premier ministre.

Lors d'un déplacement en province, Jean-Marc Ayrault avait invité Angela Merkel à ne pas "se laisser aller à des formules simplistes" face à une situation "critique".

"RESPONSABILITÉ COMMUNE"

"Il faut prendre les choses avec sérieux et courage", avait-il ajouté, en réponse à la chancelière, qui a lancé jeudi, dans un discours au Bundestag, une mise en garde contre les "recettes miracle" à court terme et les solutions de facilité.

Angela Merkel faisait allusion aux euro-obligations et à un mécanisme de garantie des dépôts des banques proposés par nombre de ses partenaires, dont François Hollande. Elle a aussi plaidé de nouveau pour une intégration politique européenne plus forte.

Jean-Marc Ayrault a assuré vendredi que ses commentaires de la veille ne s'adressaient pas spécialement à Angela Merkel mais "à tous les Européens, tous les leaders européens".

Chercher à isoler Angela Merkel pour la faire plier "serait une grave faute politique qui n'aboutirait à aucune solution", a ajouté le Premier ministre français, qui a au contraire jugé nécessaire "un dialogue plus fort encore" entre Paris et Berlin.

Il s'est adressé directement en allemand à la chancelière: "Wir haben die eine gemeinsame Verantwortung Europe ein Zukunft zu geben. Wie Mitterrand und Kohl, François Hollande und Frau Merkel sind davon überzeugt."

Jean-Marc Ayrault a assuré lui-même la traduction en français en l'embellissant: "Nous avons la responsabilité commune de donner un avenir à l'Europe parce qu'aujourd'hui l'Europe est en crise et doute de son avenir, et le monde doute de son avenir. Je suis convaincu que comme (François) Mitterrand et (Helmut) Kohl, François Hollande et Mme Merkel trouveront ensemble la réponse, parce qu'ils en sont convaincus."

Il néanmoins de nouveau défendu la vision française de nouveaux outils financiers de soutien à la croissance économique européenne et à l'euro, exposée la veille à Rome par François Hollande. Et s'il a jugé "souhaitable" la perspective d'une union politique plus forte demandée par Angela Merkel, il a estimé qu'il faudrait "du temps pour y parvenir".

"Il y a des préalables", a-t-il dit. "Le préalable c'est à la fois de maîtriser nos déficits et de relancer la croissance."

HOLLANDE, AYRAULT ET LE SPD

François Hollande, Mario Monti, Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, doivent se retrouver vendredi à Rome, pour tenter d'élaborer une position commune avant le Conseil européen des 28 et 29 juin.

"Il faut que l'Allemagne et la France, main dans la main, trouvent le 28 et 29 juin, avec les autres partenaires européens une solution pour sortir l'Europe de la crise", a dit Jean-Marc Ayrault sur Europe 1. "Je suis sûr que nous la trouverons."

Alors qu'Angela Merkel est engagée dans un âpre débat avec son opposition sociale-démocrate et verte sur la ratification du pacte budgétaire européen et du Mécanisme européen de stabilité, François Hollande et son Premier ministre ont reçu mercredi à Paris les dirigeants du SPD.

La droite française y a vu une mauvaise manière envers la chancelière allemande, ce que Jean-Marc Ayrault a récusé: "Ce n'est pas de l'inélégance (...) parce que les sociaux-démocrates, en Allemagne, ont la même aspiration que nous, c'est-à-dire sortir de la crise, redonner de l'air à la croissance."

La chancelière "sait qu'elle a besoin du concours des sociaux-démocrates pour avoir une majorité sur le traité budgétaire, donc c'est bien normal qu'on discute à la fois avec Mme Merkel et son parti et qu'on discute aussi avec son opposition", a ajouté le Premier ministre français.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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