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Marché : Gm tente à nouveau de vendre son usine de strasbourg

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PARIS/STRASBOURG (Reuters) - General Motors a annoncé mercredi envisager de vendre son usine strasbourgeoise de fabrication de boîtes de vitesses et être à la recherche d'investisseurs désireux de maintenir l'activité du site, ouvrant un dossier industriel potentiellement sensible pour les nouveaux dirigeants français.

Le constructeur automobile américain, qui a annoncé en février une alliance avec PSA Peugeot Citroën, a mandaté une banque conseil et engagé une "revue stratégique" concernant aussi bien la production que l'ingénierie et le développement de cette usine, précise-t-il dans un communiqué.

Il s'agit de la banque Barclays, a indiqué à Reuters Jean-Marc Ruhland, secrétaire du comité d'entreprise et responsable de la CFDT au sein de l'usine de Strasbourg.

Le constructeur automobile, qui veut finaliser la vente pour 2014, selon la même source, se dit prêt à explorer les solutions internes et externes afin de trouver "des alternatives viables potentielles et des solutions pour sécuriser l'avenir du site".

General Motors a l'intention de favoriser les acheteurs qui poursuivront les activités du site, qui emploie un millier de personnes.

Ce dossier pourrait constituer l'un des premiers sujets industriels sensibles pour le nouveau président François Hollande, dans un contexte de chasse aux surcapacités dans le secteur automobile européen.

L'année dernière, l'usine a produit 280.000 boîtes automatiques à six vitesses, principalement pour les marques de GM et pour BMW, en majorité pour des véhicules assemblés hors d'Europe.

C'est la deuxième fois que General Motors tente de céder le site.

Lors de la crise financière de 2008, la société chargée de liquider des actifs du constructeur américain n'avait pas trouvé de repreneur jugé acceptable par le groupe américain.

Des entreprises chinoises et l'équipementier belge Punch avaient manifesté leur intérêt.

LE SITE EST BÉNÉFICIAIRE, SOULIGNE LA CFDT

En 2010, un an après son bref placement sous le régime des faillites, GM avait racheté l'usine pour un euro symbolique. A l'époque, les salariés avaient accepté deux ans de gel des salaires et une réduction des coûts de 10% en échange de garanties sur l'emploi jusqu'en 2014.

"Il y a plusieurs engagements en place pour poursuivre la fabrication des transmissions pour les prochaines années", a assuré Jim Cain, porte-parole de GM.

Pour Jean-Marc Ruhland, secrétaire CFDT du comité d'entreprise, "GM a fait une erreur stratégique en 2010 en nous rachetant sans réel projet".

"Fermer un site comme Strasbourg, ça coûte 200 millions d'euros", ajoute le syndicaliste, qui doute de la capacité de GM à trouver un repreneur.

La CFDT a demandé mercredi matin, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire convoqué sur le sujet, la mise en place d'un fonds de garantie d'un montant équivalent pour pallier toute défaillance ultérieure d'un éventuel repreneur.

Jean-Marc Ruhland rappelle que l'usine de Strasbourg a toujours été "la poule aux oeufs d'or". Son bénéfice net s'est élevé à 30 millions d'euros en 2010 et 40 millions en 2011, précise-t-il.

La décision de vendre ne serait pas liée, selon lui, au récent accord d'alliance scellé entre GM et PSA mais à la difficulté du groupe à trouver de nouveaux contrats en Europe pour ses boîtes destinées à la propulsion, après la défection de BMW, qui fut longtemps le principal client de l'usine de Strasbourg.

Celle-ci ne devrait plus produire que 200.000 transmissions en 2012, dont 90% exportées hors d'Europe, pour une capacité de 350.000 et elle a connu trente jours de chômage partiel au premier trimestre.

Parallèlement, General Motors dispose au Mexique, pays à bas coûts, d'une usine équivalente dont les capacités de production de 600.000 unités par an ne sont employées qu'aux deux tiers.

Noëlle Mennella, Laurence Frost et Gilles Guillaume pour le service français, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Marc Angrand

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