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Marché : Glencore lance son entrée en bourse

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par Elzio Barreto et Clara Ferreira

LONDRES (Reuters) - Glencore, géant du négoce de matières premières, a lancé jeudi le processus de son introduction en Bourse (IPO), une opération attendue de longue date qui pourrait atteindre 12,1 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) si la "greenshoe" est exercée.

Huit heures après l'officialisation de sa volonté de faire appel au marché, Glencore a annoncé la nomination de Simon Murray, ancien membre du conseil d'administration de Vodafone et ancien légionnaire français, au poste de président.

Le décalage entre ces deux annonces a suscité l'inquiétude de certains investisseurs, qui s'interrogent ainsi sur la solidité de la gouvernance du groupe.

"L'entreprise aurait dû avoir choisi le président avant l'annonce des détails de l'opération de mise en Bourse. Cela fait trois ans qu'elle est attendue donc il n'y a aucune excuse possible", a déclaré un investisseur potentiel.

Le groupe, qui sera coté à Londres et Hong Kong, a confirmé dans un document attestant de son intention d'entrer en Bourse (Intention to float) qu'il mettrait en vente une participation comprise entre 15% et 20% de son capital.

L'opération vise un montant compris entre 9 et 11 milliards de dollars. Si l'option de surallocation représentant 10% de l'émission est exercée, ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 12,1 milliards.

L'IPO, dont la partie londonienne devrait permettre de lever jusqu'à 8,8 milliards de dollars et celle de Hong Kong jusqu'à 2,2 milliards, devrait conférer à la société une valorisation d'une soixantaine de milliards de dollars.

Cette entrée en Bourse, la plus importante jamais réalisée à Londres, devrait aussi marquer la fin d'une tradition de secret entourant le fonctionnement de la société, numéro un mondial du négoce de matières premières.

LA FOURCHETTE DE PRIX FIXÉE LE 4 MAI

Basé à Baar, en Suisse, le groupe tente de capitaliser sur l'envolée du cours des matières premières et de profiter de ses bons résultats 2010, avec un bond de 40% de son bénéfice net à 3,8 milliards de dollars et de 36% de son chiffres d'affaires à 145 milliards de dollars.

"Le volume de transactions sur les matières premières va continuer à augmenter dans le monde. Les investisseurs vont sans doute être très intéressés par l'IPO, vu que les cours (...) sont si hauts ces temps-ci", juge Kay Hian, analyste chez UOB.

Pour Kirby Daley, stratège matières premières chez Newedge, "il est très malin de leur part d'être cotés à la fois à Londres et Hong Kong. L'appétit pour les valeurs liées aux matières premières en Asie est connu et reste solide."

Glencore devrait fixer le 4 mai la fourchette de prix retenue et la date conditionnelle de début de cotation est fixée au 19 mai, montre le document d'intention.

Selon ce texte, Citigroup, Credit Suisse et Morgan Stanley cordonneront conjointement l'opération.

POLITIQUE "PROGRESSIVE" DE DIVIDENDE

Le directeur général Ivan Glasenberg s'est dit confiant dans le fait que le processus irait désormais à son terme, un sentiment partagé par des analystes et des gestionnaires de fonds.

"Avec un tel attelage de banques derrière (l'IPO), elle ira au bout. Il faudrait que le marché aille très mal pour qu'elle soit retirée", juge Damien Hackett, de Canaccord Genuity.

Certains montrent toutefois un enthousiasme plus mesuré vis-à-vis de cette entrée en Bourse.

"Je vais attendre de voir comment l'action se comporte avant de décider d'acheter ou non. Nous ne savons pas clairement dans quelle phase du marché des matières premières nous nous situons", prévient Ion-Marc Valahu, gestionnaire de fonds chez Clairinvest.

La société, actuellement contrôlée par quelque 500 associés, a dit prévoir de déclarer un dividende intérimaire de 350 millions de dollars en août 2011, et compte mener une politique de dividende "progressive", en maintenant ou en accroissant le montant total de son dividende ordinaire chaque année.

Glencore précise avoir décidé de la désignation d'un nouveau président pour son conseil d'administration mais indique que son nom sera dévoilé ultérieurement.

"C'est une décision importante, nous sommes en plein dans le processus final. Nous avons choisi quelqu'un, donc nous devrions l'annoncer sous peu", a dit Ivan Glasenberg lors d'un entretien téléphonique avec Reuters, refusant d'en dire plus.

Grâce aux fonds ainsi levés, le groupe prévoit d'allouer 5 milliards de dollars aux dépenses d'investissement sur les trois prochaines années, et 2,2 milliards pour accroître sa participation dans le groupe minier russe Kazzinc, dont il détient déjà 50,7% du capital. Il possède également 34,5% du géant minier Xstrata

Jean Décotte et Catherine Monin pour le service français, édité par Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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