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Marché : Geithner défend la dette américaine pour rassurer les créanciers

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WASHINGTON (Reuters) - Les investisseurs font toujours confiance à la dette américaine, dont la note n'est pas menacée, a voulu rassurer mardi le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, sur les grandes chaînes de télévision, tandis que la Chine réclamait des mesures de protection.

De son côté, le président Barack Obama espère toujours un accord entre démocrates et républicains sur un programme budgétaire en dépit de grandes divergences idéologiques.

L'intervention de Tim Geithner survient au lendemain de la décision de l'agence Standard & Poor's d'abaisser la perspective sur la note américaine.

"La capacité de notre économie à grandir suffisamment pour nous permettre de remplir nos engagements et obligations n'est guère mise en doute. Le prix auquel nous pouvons emprunter chaque jour le prouve, mais nous devons mériter cette confiance", a déclaré Timothy Geithner à Bloomberg Televisions.

Interrogé sur CNBC, il s'est dit en désaccord avec la décision de S&P d'abaisser la perspective. L'agence de notation avait motivé sa décision par l'incertitude qui entoure le débat politique à Washington à propos de la réduction du déficit budgétaire.

Barack Obama affirme que républicains et démocrates s'entendent sur le fait qu'il faudra réduire les dépenses de quelque 4.000 milliards de dollars en l'espace d'une décennie. Mais ils divergent totalement sur les moyens, a-t-il convenu.

Barack Obama ne veut pas reconduire les avantages fiscaux pour les plus riches instaurés sous l'ère Bush, tout en continuant à investir dans l'éducation et les infrastructures. Ces avantages arrivent à expiration en 2012. Les républicains remettent en cause la volonté du président de réellement réduire les dépenses. "Je ne veux pas vous mentir: il y a un grand fossé philosophique", a résumé Barack Obama mardi.

Selon Timothy Geithner, les chances de conclure un accord s'améliorent toutefois.

"Si vous observez attentivement ce qui se passe à Washington, vous verrez que des élus des deux camps, démocrates comme républicains, sont d'accord avec le président (Barack Obama) sur la nécessité de lancer des réformes dès maintenant pour réduire nos déficits à long terme", a-t-il ajouté.

A l'antenne de la chaîne Fox Business, Timothy Geithner a jugé que les Etats-Unis ne risquaient nullement de perdre leur note AAA.

L'abaissement de la perspective implique que Standard & Poor's estime à un tiers la probabilité qu'elle abaisse la note souveraine américaine dans un délai de deux ans.

INQUIÉTUDES EN CHINE, FATALISME EN INDE

La Chine s'est alarmée des conséquences possibles de cette décision sur les détenteurs de titres de dette américaine et a appelé les Etats-Unis à prendre des mesures "responsables" pour garantir leurs créances.

Le Japon, dont la majeure partie des avoirs en devises étrangères sont supposés être en dollars, a en revanche exprimé sa confiance envers les Etats-Unis.

"Les Etats-Unis répondent de diverses manières à leurs problèmes budgétaires, je pense donc que les Treasuries restent un produit attractif pour nous", a déclaré le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda.

En Inde, des sources proches de la question ont indiqué que la banque centrale indienne n'envisageait pas de diversifier ses investissements en dette étrangère, faute d'une alternative crédible à celle des Etats-Unis.

Les avoirs en devises étrangères de la Banque de Réserve d'Inde sont composés à 60% de Treasuries et à 30% environ de titres en euros.

"Après la menace d'abaissement de S&P, la valeur de la dette américaine s'est en fait appréciée. Les marchés mondiaux pensent à en racheter à présent", a souligné l'une des sources indiennes.

"Quelle est l'alternative pour se diversifier ? Les dettes européennes et japonaise sont pires."

Lorenzo Bini Smaghi, l'un des membres du directoire de la Banque centrale européenne, a estimé que les Etats-Unis devaient désormais mettre en place au plus vite une politique monétaire plus ferme, en profitant du début de reprise économique.

"Si un basculement (vers une politique plus restrictive) est retardé, les problèmes vont s'accumuler et les déséquilibres se creuser", a-t-il prévenu à l'antenne de la radio italienne Radio 24.

Selon lui, la décision de l'agence de notation constitue un "avertissement".

La BCE a relevé début avril ses taux d'intérêt, contrairement à la Réserve fédérale américaine, qui maintient les siens à un niveau très bas.

David Lawder et Mark Felsenthal, Valentina Za à Milan, Kevin Yao à Pékin, Tetsushi Kajimoto à Tokyo et Suvashree Dey Choudhury à Bombay, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Danielle Rouquié et Wilfrid Exbrayat

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