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Marché : François hollande prône une stimulation de la demande dans l'ue

François hollande prône une stimulation de la demande dans l'ueFrançois hollande prône une stimulation de la demande dans l'ue

PARIS (Reuters) - François Hollande appelle les pays de la zone euro en situation d'excédent à stimuler leur demande intérieure par une augmentation des salaires et une baisse des prélèvements pour doper une croissance sans laquelle, estime-t-il, les efforts d'assainissement actuels risquent d'être vains.

Dans une interview accordée au Monde et à cinq autres journaux européens, le chef de l'Etat assigne à la France la mission de "porter ce compromis entre le désendettement et la croissance" dont il entend convaincre l'Allemagne, réticente à tout "feu de paille conjoncturel".

Soulignant la clarté de sa relation avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui convient de la nécessité d'une politique de croissance mais n'en livre pas la même définition, le dirigeant socialiste se dit confiant dans leur capacité à parvenir au "meilleur point d'arrivée".

"Si nous ne donnons pas un nouveau souffle à l'économie européenne, les mesures de discipline ne pourront trouver de traduction effective", explique François Hollande.

"On ne peut pas infliger une peine à perpétuité à des nations qui ont déjà fait des sacrifices considérables, si les peuples ne constatent pas, à un moment, les résultats de leurs efforts", insiste-t-il en assurant de son soutien la Grèce, l'Espagne et le Portugal, soumis à une douloureuse austérité.

SOLIDARITÉ

Dans cette perspective, et au nom de la "solidarité" européenne, le président français exhorte "les pays qui sont en excédent" à "stimuler leur demande intérieure par une augmentation des salaires et une baisse des prélèvements".

Le ministère allemand de l'Economie a révisé mercredi à la baisse sa prévision de croissance pour 2013, de 1,6% à 1,0%, en invoquant notamment la crise de la dette souveraine en Europe.

Il a précisé que la situation du travail restait "très favorable" en Allemagne mais qu'elle montrait des signes de ralentissement. La consommation, a-t-il ajouté, reste "le pilier" de la croissance nationale.

Les recommandations de François Hollande ont déjà été en partie mises en oeuvre en Allemagne.

Une vague d'augmentations salariales ont été accordées au printemps par les entreprises et l'Etat en Allemagne, après deux décennies de gel des rémunérations (6,5% dans la fonction publique, 4,3% dans la métallurgie et 4,5% dans la chimie).

Angela Merkel a également évoqué une possible baisse des prélèvements pour soutenir la croissance.

Plus globalement, trois paramètres conditionnent pour François Hollande le retour à la croissance sans remise en cause du "sérieux budgétaire": la mobilisation de financements à l'échelle de l'Europe, l'amélioration de la compétitivité -qui fait débat en France- et la coordination des politiques économiques européennes.

L'Allemagne, avec l'assentiment de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), plaide au nom de la croissance pour des changements en profondeur dans des systèmes sociaux dispendieux.

Flexibilité du marché de l'emploi, diminution du coût du travail sont ses maîtres-mots à l'heure où l'exécutif et le patronat français s'empoignent sur l'urgence d'un "choc de compétitivité".

DÉPENSER LE PACTE DE CROISSANCE "VITE ET BIEN"

Entre dépense publique -qualifiée parfois de "stimulation artificielle" en Allemagne- et réformes structurelles, François Hollande touche à un autre point de désaccord avec Berlin.

"Le budget européen est aussi un élément de stimulation de l'économie, notamment à travers les fonds structurels. Nous pouvons aller plus loin en mobilisant des ressources supplémentaires", estime-t-il en appelant à dépenser "vite et bien" les 120 milliards d'euros du pacte de croissance.

La mise en cohérence de la politique économique européenne est un des leviers nécessaires au retour de la croissance, explique le président français, au même titre que le règlement de la crise de la zone euro dont il juge l'issue proche.

"Plus rapidement nous réglerons le cas grec, et plus vite nous parviendrons à financer à des taux raisonnables les dettes des pays bien gérés, plus vite les investisseurs reviendront vers la zone euro", dit François Hollande.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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