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Marché : Fmi, ce et athènes excluent de restructurer la dette grecque

Fmi, ce et athènes excluent de restructurer la dette grecqueFmi, ce et athènes excluent de restructurer la dette grecque

WASHINGTON/BERLIN (Reuters) - La Grèce, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne ont à nouveau exclu ce week-end une restructuration de la dette grecque même si des informations de presse ont fait état de pressions accrues pour qu'Athènes s'y résolve.

Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, le FMI pousserait en coulisses le gouvernement de George Papandréou à choisir rapidement cette option. L'institution de Washington a démenti samedi les informations du journal allemand.

"Comme nous l'avons constamment dit, le FMI soutient la position du gouvernement grec de ne pas restructurer sa dette et sa détermination d'honorer en totalité ses obligations. Toute information affirmant le contraire est fausse", a déclaré à Reuters un porte-parole.

Der Spiegel, qui ne cite pas de source, écrit en outre que de hauts responsables du FMI recommandent aux gouvernements européens cette restructuration, alors que la dette d'Athènes équivaut désormais à environ une fois et demi son produit intérieur brut (PIB).

La Grèce a bénéficié en mai dernier d'un plan de sauvetage d'un montant de 110 milliards d'euros sous l'égide du FMI et de l'Union européenne en échange d'un plan d'austérité. Les conditions de ces prêts ont été adoucies le mois dernier contre une accentuation des efforts d'Athènes.

Le FMI, qui juge désormais insuffisantes les mesures de rigueur, verrait d'un bon oeil un abaissement des taux d'intérêt des emprunts souverains grecs, ou une prolongation de leur maturité, ou encore une réduction du principal à rembourser, poursuit l'hebdomadaire.

BRUXELLES NE VOIT PAS DE RAISON DE RESTRUCTURER

En réponse à cet article, le ministre grec des Finances George Papaconstantinou a de nouveau exclu une restructuration de la dette publique.

"Une restructuration de la dette grecque est absolument exclue", a-t-il à Reuters en marge d'une conférence samedi en Italie. "Ceux (qui parlent de restructuration) ne parviennent pas à comprendre que les coûts excéderaient largement les bénéfices."

La Commission européenne a également abondé dans ce sens, en estimant ne pas voir de raison pour laquelle la Grèce devrait restructurer sa dette aujourd'hui.

"Toutes les mesures de soutien sont en place et il n'y a pas de raison à ce jour de commencer à penser à cette possibilité", a déclaré un porte-parole de l'exécutif européen.

Les dirigeants européens sont partagés sur l'opportunité de restructurer la dette grecque, certains redoutant que le fait même d'évoquer ce sujet nuise au secteur bancaire et provoque un vent de panique sur les marchés.

Selon Der Spiegel, le FMI ne souhaite pas appeler ouvertement à une restructuration car il craint que cela n'accentue la pression sur le Portugal, considéré par les marchés comme le prochain pays de la zone euro à devoir solliciter une aide internationale.

En mars, le directeur du département Europe du FMI Antonio Borges s'était dit "assuré que la dette grecque (était) viable", ajoutant que les Grecs avaient fait "pas mal de progrès sur les banques".

LE DÉFICIT 2010 DE LA GRÈCE POURRAIT ÊTRE REVU EN HAUSSE

L'agence Standard & Poor's a abaissé mardi les notes souveraines du Portugal et de la Grèce, soulignant que la restructuration de la dette était un "possible prérequis" pour emprunter auprès du futur Mécanisme européen de stabilité.

Selon Klaus Regling, président du Fonds européen de stabilité financière (FESF), les autorités européennes et le FMI pensent que le fardeau de la dette est supportable pour l'Irlande et la Grèce.

"L'appréciation (...) du FMI, de la Commission européenne et de la BCE (Banque centrale européenne) est que ces pays vont atteindre une situation de dette supportable à la fin de leurs programmes respectifs", a déclaré Klaus Regling dans une interview au quotidien Irish Times.

Le gouverneur de la banque centrale grecque a exhorté Athènes à accélérer son programme de réformes pour renforcer sa compétitivité et créer des perspectives de croissances.

"Si la compétitivité perdue n'est pas retrouvée rapidement, la croissance sera retardée", a déclaré George Provopoulos, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, dans une interview au journal Vima publiée dimanche.

Le déficit du budget 2010 d'Athènes pourrait être révisé à la hausse, à 10,6% du PIB, contre 9,4% en première estimation, rapporte de son côté le journal grec Kathimerini.

Sans citer de source, le quotidien écrit que l'agence grecque de la statistique évalue désormais le déficit de l'an dernier à 24,6 milliards d'euros, contre 22 milliards précédemment. Eurostat doit publier le chiffre officiel le 26 avril, poursuit Kathimerini.

George Papaconstantinou a confirmé vendredi à Reuters que le déficit serait plus élevé que prévu initialement et que le gouvernement grec attendait de voir les chiffres d'Eurostat.

Bureaux d'Athènes, Bruxelles, Berlin, Washington, Dublin, Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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