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Marché : Fitch pourrait déclasser l'italie mais n'anticipe pas de défaut

Fitch pourrait déclasser l'italie mais n'anticipe pas de défautFitch pourrait déclasser l'italie mais n'anticipe pas de défaut

par Giulio Piovaccari

MILAN (Reuters) - Un abaissement de la note de l'Italie, pouvant atteindre deux crans, est possible avant la fin janvier, a fait savoir l'agence de notation Fitch mercredi, tout en soulignant qu'elle n'anticipait pas de défaut sur la dette italienne.

"Ce n'est certainement pas ce que nous attendons, nous notons toujours l'Italie 'A+'; si nous envisagions la possibilité d'un défaut nous aurions une note bien inférieure", a déclaré Edward Parker, qui supervise les notes des pays d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique chez Fitch.

Ces propos interviennent après que Standard & Poor's a abaissé vendredi dernier les notes de neuf pays de la zone euro, dont l'Italie, qui a vu sa signature dégradée de deux crans à BBB+.

Alessandro Settepani, un des responsables de Fitch en Italie, a déclaré de son côté qu'un déclassement de deux crans de la note italienne, à "A-" était parmi les cas de figure envisagés.

"Une dégradation de deux crans est l'une des options possibles", a-t-il dit. "Le comité (de notation) va examiner la note de l'Italie sur la base de ses niveaux de refinancement et des mesures prises pour la croissance."

Affichant une dette qui représente 1,2 fois son produit intérieur brut (PIB) annuel, Rome reste depuis plusieurs semaines sous la pression des marchés, qui redoutent une contagion de la crise de la dette à la troisième économie de la zone euro.

"BONS FONDAMENTAUX"

L'importance de sa dette et son caractère systémique pour l'économie mondiale signifient que les dirigeants européens ne laisseront pas l'Italie faire défaut, juge Edward Parker. "L'Italie est vraiment 'too big to fail'", a-t-il dit en marge d'une conférence.

De fait, si l'Italie devait demander un plan d'aide à ses partenaires européens, ses besoins de refinancement risqueraient de dépasser largement la capacité des fonds de sauvetage de la zone euro.

Parker a également évoqué certaines forces de l'économie italienne qui rendent improbable un défaut: un faible déficit budgétaire, un secteur privé vigoureux, et, à l'inverse de l'Espagne ou de l'Irlande, l'absence d'une bulle du crédit avant la récession. "L'Italie a de bons fondamentaux malgré sa faible croissance", a-t-il poursuivi.

Les coûts de financement du pays, bien que toujours élevés, se sont quelque peu détendus depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a inondé les banques de liquidités via une opération de refinancement à trois ans fin décembre.

Le rendement du papier italien à 10 ans évoluait autour de 6,45% mercredi, s'éloignant un peu de la barre de 7% au-delà de laquelle le coût est considéré comme difficilement soutenable.

La semaine dernière, un des responsable des notes souveraines au sein de Fitch avait indiqué que l'agence risquait de dégrader la note de crédit de l'Italie d'ici à la fin janvier.

Fitch a mis la note A+ qu'elle attribue à l'Italie sous surveillance négative à la mi-décembre.

Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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