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Marché : Fitch confirme la note "triple a" de la france

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NEW YORK/PARIS (Reuters) - L'agence de notation financière Fitch Ratings a confirmé mardi la note souveraine AAA de la France tout en laissant entendre que de nouveaux efforts de rigueur budgétaire pourraient être nécessaires.

La France bénéficie de la note suprême "triple A", la plus élevée possible, auprès des trois grandes agences de notation internationales. Avant Fitch, Standard & Poor's avait confirmé cette note fin décembre et au début du mois, Moody's avait maintenu une perspective stable sur sa propre note.

Ce "triple A" souverain assure à Paris des conditions optimales pour financer sa dette sur des marchés financiers internationaux particulièrement sensibles à toute menace potentielle depuis le déclenchement de la crise de la dette.

La dette publique française avoisine 1.600 milliards d'euros.

"La note AAA de la France est soutenue par son économie saine et diversifiée, ses institutions sociales, civiles et politiques efficaces et sa souplesse financière qui témoignent de son statut de grand émetteur souverain de benchmarks dans la zone euro", explique dans un communiqué Maria Malas-Mroueh, responsable de l'équipe souveraine de Fitch.

"Toutefois, la poursuite de la consolidation budgétaire s'impose pour stabiliser puis pour commencer à réduire la dette publique, qui a atteint 81,7% du PIB à la fin 2010", ajoute-t-elle.

La France s'est engagée à réduire son déficit public à 5,7% en 2011 (alors qu'elle visait auparavant 6,0%), 4,6% en 2012 et 3,0% en 2013.

La dette publique française, elle, devrait atteindre 84,6% du PIB fin 2011 et culminer à 86,0% l'an prochain avant de refluer à 85,6% en 2013 et 84,1% fin 2014.

"Un écart important par rapport à ces objectifs mettrait la note AAA de la France sous pression baissière", prévient Fitch.

PRESSION

L'agence salue la solidité du secteur bancaire français, qu'elle juge relativement peu exposé aux dettes grecque, portugaise et irlandaise, et salue les efforts engagés par les autorités politiques, en citant la réforme des retraites et le projet de loi inscrivant dans la constitution la nécessité de l'équilibre budgétaire.

Cette "règle d'or" a été votée le 10 mai par les députés mais il est peu probable qu'elle franchisse l'obstacle du parlement, l'opposition ayant annoncé son intention de voter contre.

Parmi les risques que Fitch juge susceptibles de remettre en question le "triple A" français figurent "la perspective d'un dérapage budgétaire à l'approche de l'élection présidentielle 2012, ainsi que les prévisions de croissance gouvernementales optimistes du gouvernement à moyen terme".

"S'il est probable que la France atteigne ses objectifs budgétaires en 2011, des efforts supplémentaires pourraient être nécessaires pour ramener le déficit à 3% d'ici 2013", poursuit l'agence de notation.

Elle constate aussi que la dette publique devrait se stabiliser à un niveau supérieur à celui constaté avant la crise, "réduisant la marge de manoeuvre disponible pour faire face à de futurs chocs économiques".

Et elle pointe du doigt "l'érosion progressive de la compétitivité" française, qui explique à ses yeux la détérioration des comptes courants et l'augmentation de la dette extérieure.

"La note pourrait être soumise à une pression baissière supplémentaires à moyen terme en cas de détérioration accrue de la compétitivité et d'affaiblissement important de la situation extérieure de la France", conclut-elle.

La vigueur de la croissance au premier trimestre qui, à 1,0%, a dépassé les prévisions les plus optimistes, combinée à un déficit 2010 moindre que prévu (7,0% au lieu de 7,7%) ont renforcé les chances du pays d'atteindre son objectif de réduction du déficit pour cette année.

Mais la chute de 1,8% de la consommation constatée en avril (voir ) augure d'un deuxième trimestre moins favorable sur le front de la croissance, que le gouvernement espère toujours voir atteindre 2,0% cette année.

L'écart de rendement entre les emprunts obligataires à 10 ans français et allemands, qui permet de mesurer l'évolution de la prime de risque exigée par les investisseurs pour prêter des capitaux à l'Etat français, variait peu après l'annonce de Fitch, autour de 36 points de base.

Wilfrid Exbrayat, Marc Angrand et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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