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Marché : Fitch abaisse sa note sur la grèce et pourrait aller plus loin

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par Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Fitch a enfoncé vendredi encore un peu plus la note attachée à la dette souveraine grecque dans la catégorie spéculative, ajoutant que d'autres abaissements étaient à prévoir si l'Union européenne et le FMI ne présentaient pas un programme crédible pour résoudre la crise de dette du pays.

L'agence de notation a abaissé de trois crans sa note sur la Grèce, désormais en territoire "hautement spéculatif", à "B+", la ramenant ainsi à un niveau similaire à celui retenu par S&P et Moody's pour leurs notes grecques.

Un an après la mise au point par l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) d'un plan d'urgence de 110 milliards d'euros - dont le pays reçoit des versements par tranches - la Grèce est engluée dans une sévère récession qui assèche ses recettes fiscales.

L'aggravation des difficultés du pays est à nouveau au coeur des préoccupations des dirigeants européens. Selon bon nombre d'analystes, la Grèce ne pourra pas échapper à une forme de restructuration de sa dette.

"L'abaissement de la note est le reflet des difficultés auxquelles est confrontée la Grèce dans le cadre de la mise en oeuvre d'un programme radical de réformes structurelles et budgétaires nécessaires à la solvabilité de l'Etat et aux fondations d'une reprise économique durable", précise Fitch dans un communiqué.

Réagissant à la décision de Fitch, la Grèce a estimé que cette dernière était influencée par les "rumeurs persistantes" dans la presse et qu'elle ne prenait pas en compte les nouveaux engagements pris par Athènes.

"Elle (l'abaissement de la note) ignore les décisions supplémentaires déjà prises par le gouvernement grec pour atteindre ses objectifs budgétaires de 2011 et accélérer son programme de privatisations", a déclaré le ministère des Finances du pays.

Fitch, qui estime que l'objectif 2011 d'un déficit budgétaire représentant 7,5% du produit intérieur brut s'est encore éloigné, a déclaré que la note de la Grèce risquait de basculer dans la catégorie "CCC" en cas d'absence d'un plan crédible de l'UE et du FMI

REPROFILAGE ASSIMILÉ PAR FITCH À UN DÉFAUT

L'annonce de Moody's a pesé sur les Bourses européennes et sur l'euro vendredi, la monnaie unique ayant également pâti des craintes de voir le résultat des élections locales programmées ce week-end en Espagne émousser la volonté du gouvernement socialiste de mettre en oeuvre son programme d'austérité.

Alors que les ministres européens ont évoqué pour la première fois une restructuration "douce" de la dette grecque en début de semaine, via notamment un allongement de la maturité des titres de dette émis par le pays, Fitch a déclaré qu'elle assimilerait un tel "reprofilage" à un défaut. (voir

Peu avant l'annonce de Fitch, Jens Weidmann, nouveau président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué que l'option du "reprofilage" priverait le pays de fonds fournis par la BCE dont le secteur financier grec a cruellement besoin.

Paul Rawkins, directeur chez Fitch, a estimé que la Grèce ne serait pas capable de retourner sur les marchés des capitaux avant mai 2013, date à laquelle le plan de 110 milliards d'euros déjà en place expire.

L'agence a déclaré que la note "B+" partait du principe que l'UE et le FMI allaient débloquer des fonds complémentaires, ce qui permettra d'éviter une restructuration "douce".

Cité par la presse autrichienne, Christine Lagarde a déclaré qu'il n'y aurait pas de rééchelonnement de la dette grecque, tout en disant que le pays risquait la faillite si son programme de privatisations n'avançait pas.

Les Européens espèrent mettre sur pied d'ici juin un nouveau paquet de mesures pour muscler le programme d'aide octroyé en mai 2010.

La décision finale sera arrêtée une fois que la mission conjointe UE-FMI actuellement à Athènes aura rendu un rapport complet et que la Grèce aura précisé son programme de privatisations et les mesures supplémentaires qu'elle est prête à prendre pour assainir les finances publiques.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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