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Europe : Rome pourrait solliciter un soutien à son marché obligataire

Europe : rome pourrait solliciter un soutien à son marché obligataireEurope : rome pourrait solliciter un soutien à son marché obligataire

par Francesca Landini et Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - L'Italie a évoqué mardi la possibilité de solliciter l'aide de la zone euro pour faire baisser ses coûts d'emprunt, tandis que l'Espagne a obtenu un sursis supplémentaire d'un an pour ramener son déficit dans les clous.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a dit que Rome pourrait être intéressée par un recours aux fonds de sauvetage de la zone euro, afin d'obtenir un soutien au marché obligataire réservé aux pays qui respectent leurs engagements européens et qui ne font pas l'objet d'une surveillance externe.

"Il serait périlleux de dire que l'Italie n'emploiera jamais (ce mécanisme)", a-t-il dit à l'occasion de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne (Ecofin) à Bruxelles. "L'Italie pourrait être intéressée".

Même si les rendements obligataires italiens sont retombés à un peu moins de 6% à 10 ans mardi, ces propos montrent que la crise de la zone euro risque d'emporter l'Italie, troisième économie de la région, membre du G7, et généralement considérée comme impossible à renflouer en cas de graves difficultés en raison de sa taille.

Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) ont convenu dans la nuit de lundi à mardi d'accorder à Madrid un délai d'un an supplémentaire, jusqu'en 2014, pour atteindre ses objectifs budgétaires en échange de nouvelles économies.

La décision a été officiellement entérinée ce mardi par l'Ecofin. Madrid doit désormais ramener son déficit à 6,3% du PIB cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Les ministres de l'Union ont également défini les modalités d'un programme d'aide à la recapitalisation des banques espagnoles, sans donner de montant précis. En tout état de cause, l'UE n'entend pas consacrer plus de 100 milliards d'euros à ces mesures, dont 30 milliards qui devraient mis à la disposition de Madrid d'ici la fin du mois en cas d'urgence.

Un accord de prêt définitif sera signé autour du 20 juillet, a dit le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, en conférence de presse.

ATHÈNES CHANGE DE TON

Le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, a estimé que les 100 milliards d'euros évoqués étaient plus que suffisants. "Il n'y a pas d'urgence car il y a une voie qui se dégage clairement vers la stabilisation", a-t-il dit. "Les marchés doivent se rendre compte que l'argent est là et qu'il y en a plus qu'il n'en faut".

L'heure n'était pourtant pas au soulagement mardi pour des marchés suspendus à une décision de la Cour constitutionnelle allemande sur la ratification par l'Allemagne du Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de sauvetage censé se substituer au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ce mois de juillet.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, n'a en outre rien dit qui puisse apaiser les investisseurs.

Une ratification rapide du MES et des règles de discipline budgétaire ne garantissent nullement que la crise de la zone euro n'empirera pas, a-t-il expliqué à la cour de Karlsruhe.

Pour l'heure, la pression ne se relâche guère sur l'Italie, d'autant que le Fonds monétaire international (FMI) a demandé à cette dernière de poursuivre dans la voie des réformes.

Quant à la Grèce, son nouveau ministre des Finances, Yannis Stournaras, a dit à Reuters Television qu'il voulait relancer le programme d'ajustement avant de solliciter la moindre extension du second plan d'aide international de 130 milliards d'euros.

Suivant ce plan, Athènes doit revenir sur les marchés en 2015, un objectif fort compromis par une récession qui dure depuis cinq ans. Les propos de Yannis Stournaras semblent indiquer un changement de ton du gouvernement grec qui, le mois dernier, disait vouloir une extension de deux ans de l'aide.

"Nous avons soulevé la question. L'ampleur de la récession justifie que nous obtenions une extension, comme l'a obtenu l'Espagne", a-t-il dit.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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