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Europe : Retour en force de l'aversion au risque sur les marchés

Europe : retour en force de l'aversion au risque sur les marchésEurope : retour en force de l'aversion au risque sur les marchés

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les derniers développements de la crise de la dette en zone euro - nouvelle dégradation de la note souveraine de la Grèce, craintes sur celle de l'Italie, remous politiques en Espagne - et la décélération de l'activité manufacturière en Europe ont précipité lundi la baisse de l'euro et des actifs risqués, notamment les actions.

La monnaie unique européenne tente de se maintenir à 1,40 dollar en milieu de journée, seuil qu'il a enfoncé en matinée avec un plus bas à 1,3970.

Corollaire de cette posture du marché, qui fait aussi baisser les cours du pétrole, les actifs de qualité, notamment les emprunts d'Etat des pays du 'noyau dur' de la zone euro, en profitent.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans, la référence, se détend de cinq points de base (pdb) à 3,02% tandis que celui de l'OAT française de même maturité cède 4,0 pdb à 3,43%.

En revanche, le rendement des emprunts d'Etat à 10 ans des pays fragilisés de la zone euro se tendent fortement : +55 points de base à 17,28% pour la Grèce, dont Fitch vient d'abaisser la note, +21 pdb à 10,91% pour l'Irlande et +2,0 pdb à 9,75% pour le Portugal.

L'Espagne, pays considéré comme moins fragile jusqu'aux résultats des élections locales de dimanche, voit son coût de financement à 10 ans se tendre de 10 pdb à 5,60%.

L'Italie, dont la note "A+", a été mise sous surveillance négative par Standard & Poor's, voit son taux à 10 ans augmenter de cinq points de base à 4,83%. Moody's et Fitch ont fait savoir lundi qu'elles maintenaient une perspective stable à leur note sur l'Italie.

"Nous pensons que les tensions et la montée de la volatilité sur les taux des périphériques vont dominer tant qu'un nouveau plan d'aide à la Grèce n'est pas présenté", estiment les analystes taux de Commerzbank.

LES BANCAIRES PÈSENT SUR LES INDICES

Plombées par les valeurs bancaires, premières victimes des vicissitudes des dettes souveraines, les Bourses européennes accusent le coup et semblent entrer dans une configuration baissière à court et à moyen terme.

L'annonce d'une décélération de l'activité en Europe et en Chine ce mois-ci pèse aussi sur l'humeur des investisseurs. L'indice PMI manufacturier chinois est ressorti à son plus bas depuis juillet 2010, tandis qu'en zone euro la croissance du secteur des services a été moins forte que prévu et que les industriels ont dû freiner le rythme de leur production au vu d'une baisse des commandes.

L'indice CAC 40 de Paris perd 1,8% à 3.918 points, le DAX de Francfort 1,7%, l'IBEX 35 de Madrid 1,3% et le MIB de Milan près de 3%.

L'indice CAC 40 a ouvert sur un gap (écart entre le plus bas de la veille et le plus haut du jour) baissier (3.983,13/3.937,01). Pour Alexandre Le Drogoff, analyste technique chez Aurel BGC, le support de 3.941 points ayant été enfoncé, le CAC 40 se dirige vers 3.862 points, correspondant à un gap baissier ouvert le 18 mars.

Les analystes techniques de Day By Day se disent "négatifs" et ciblent le support majeur de 3.760 points.

Les valeurs bancaires et les cycliques pèsent sur la cote.

Crédit agricole, la banque française la plus fortement exposée à la Grèce avec sa filiale Emporiki et dont la note de crédit a été de ce fait abaissée vendredi soir par Standard & Poor's, lâche 2,7%.

BNP Paribas (-1,5%), exposé en Italie avec BNL, est le principal contributeur à la baisse du CAC 40. la Société générale cède 1,5%.

Selon l'agence de notation Fitch, le Crédit agricole a une exposition globale à la Grèce de 24,5 milliards d'euros, contre 8 milliards pour BNP Paribas et 6,2 milliards pour la SocGen.

L'ensemble des banques européennes sont prises dans la tourmente et l'indice sectoriel Stoxx perd 1,6%.

Les valeurs cycliques, bien entourées pendant les phases de hausse, rechutent aussi.

Autre mauvaise nouvelle, d'ordre naturel celle-là, l'apparition d'un nouveau nuage de cendres due à l'éruption d'un volcan en Islande se traduit par un net recul des valeurs du secteur aérien, les investisseurs craignant un blocage du ciel européen comme celui d'avril 2010.

Air France-KLM accuse la plus forte baisse du SBF 120 et chute de 3,8%, de même que Lufthansa, tandis que l'indice sectoriel européen Stoxx perd 1,8%.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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