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Europe : Ralentissement inattendu de la croissance dans la zone euro

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LONDRES(Reuters) - La croissance du secteur privé a, contre toute attente, ralenti en juin dans la zone euro, malgré la poursuite du mouvement de baisse des prix facturés par les entreprises, qui cherchent ainsi à relancer leurs ventes, selon une enquête publiée lundi.

La France et l'Allemagne continuent à évoluer en sens inverse, avec d'un côté une croissance qui reste solide en Allemagne, quoiqu'un peu moins soutenue que le mois dernier, et, de l'autre, une activité dans le secteur privé en France qui s'est contractée à son rythme le plus marqué en quatre mois.

"Globalement, cela donne un tableau d'une croissance relativement molle, plutôt que d'une accélération fabuleuse", note Chris Williamson, économiste en chef chez Markit.

L'indice Markit des directeurs d'achats (PMI) composite, qui suit les évolutions à la fois de l'industrie et des services, ressort à 52,8 ce mois-ci contre 53,5 en mai. Ce chiffre est inférieur au consensus Reuters qui était lui aussi à 53,5.

Tout indice supérieur à 50 points reflète une croissance et Chris Williamson précise que, compte tenu d'une reprise évidente dans la périphérie de la zone euro, ces dernières enquêtes PMI suggèrent toujours une croissance de 0,4% au deuxième trimestre.

L'Allemagne, la première économie européenne, a encore une fois joué son rôle de moteur, avec un indice composite à 54,2 en version flash en juin, plus faible que la version définitive de l'indice de mai à 55,6, mais encore nettement au-dessus des 50.

Mais en France l'indice a reculé à 48,0, contre 49,3 en mai, à son plus bas niveau depuis février.

"En France, la faiblesse semble bien s'être largement installée et il y a peu de perspectives d'amélioration avec l'entrée dans le second semestre", dit Chris Williamson.

L'indice manufacturier en France est retombé à 47,8, contre 49,6 en mai et à son plus bas niveau en six mois, alors que celui du secteur des services a reculé à 48,2, contre 49,1 en mai et à son plus bas niveau depuis quatre mois.

POURSUITE DES EMBAUCHES

Dans la zone euro, la composante des prix producteurs est restée sous la barre des 50 points pour le 27e mois consécutif, à 49,7, les entreprises continuant à abaisser leurs prix pour attirer les clients en dépit de l'envolée des coûts de production, un sujet d'inquiétude pour la Banque centrale européenne.

L'inflation est tombée à 0,5% en mai, incitant le BCE à abaisser ses taux directeurs à des plus bas records et à offrir une nouvelle série de prêts à long terme.

L'enquête auprès des directeurs d'achats du secteur des services a donné de son côté un indice à 52,8, en retrait par rapport au pic de près de trois ans atteint en mai à 53,2, alors que les analystes interrogés par Reuters attendaient 53,3.

L'indice PMI manufacturier a également marqué un repli, à 51,9 contre 52,2 en mai et 52,2 attendus selon le consensus Reuters. La composante de la production, qui participe à l'élaboration de l'indice composite, est tombée de 54,3 à 52,8.

Malgré cela, les usines en zone euro ont continué à embaucher pour répondre à la demande - avec une composante de l'emploi à 50,4 contre 50,5 en mai, qui reste en territoire positif. Le chômage en zone euro a très légèrement diminué au mois d'avril, à 11,7% contre 11,8% en mars.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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