Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : Paris prône des limites de positions sur les matières premières

Europe : Paris prône des limites de positions sur les matières premières

tradingsat

par Julien Toyer

GODOLLO, Hongrie (Reuters) - A une semaine de la réunion du G20 de Washington, la France a insisté samedi pour instaurer des limites aux positions que peuvent prendre les traders sur les marchés de matières premières afin de contrer la spéculation et de mieux contrôler les variations des prix sur ces marchés.

Après une décision en ce sens des Etats-Unis, de telles limites pourraient bientôt rendues possibles en Europe, selon une proposition qui a été endossée samedi par les ministres européens des Finances et que la Commission européenne reprend maintenant à son compte.

De son côté, la France, qui préside cette année le G20, pousse pour une approche mondiale pour s'attaquer à la spéculation sur les matières premières, que Paris pointe du doigt dans la hausse des prix de l'alimentation.

"Nous avons besoin de mécanismes pour permettre une bonne régulation", a dit la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, à Godollo, près de Budapest, où elle se trouve depuis vendredi avec ses homologues européens pour une réunion informelle.

"Cela veut dire des limites de position pour éviter que des faiseurs de marchés tiennent des positions trop importantes", a-t-elle insisté.

Les ministres des Vingt-Sept ont appelé à la création d'un "régime effectif pour identifier et prévenir les abus de marchés, en particulier les manipulations inter-marchés en marchés physiques et marchés de dérivés", selon les conclusions de la réunion.

"Ils reconnaissent également le besoin pour les régulateurs de disposer des instruments nécessaires pour empêcher ces abus de marchés et notent l'intention de la Commission de considérer l'inclusion des moyens de mettre en oeuvre des limites de positions dans la prochaine révision de la directive sur les instruments de marchés."

AVANCER AU G20

Vendredi, Michel Barnier, commissaire au Marché intérieur, a confirmé travailler à cette proposition, qui permettrait à chacun des régulateurs nationaux, sous la coordination de l'Esma, le nouveau superviseur européen des marchés, d'imposer de telles limites de positions pour lutter contre "l'hyper-spéculation".

Il a précisé qu'une mesure en ce sens verrait le jour dans le cadre de la révision de la MiFID (la directive sur les instruments de marchés).

Avant d'avoir des implications pratiques, la proposition devra être discutée et adoptée par les Etats membres de l'UE et le Parlement européen.

La position européenne est toutefois en deçà de l'approche américaine consistant à imposer une limite de positions permanente sur les marchés.

En décembre, le régulateur américain des marchés des matières premières a proposé d'introduire ces limites permanentes sur les positions prises par les grands investisseurs sur plus d'une vingtaine de marchés, dont ceux de l'énergie, des métaux ainsi que les matières premières agricoles.

La France espère d'ici là avoir obtenu un accord au sein du G20 pour que le principe de limites de positions soit mis en oeuvre de manière mondiale.

Des sources au sein du G20 ont indiqué que l'approche américaine ne recueillait pas un grand soutien mais qu'il y avait en revanche un consensus pour accroître la transparence en matière de positions afin de comprendre l'interaction entre les marchés de matières premières et ceux de leurs dérivés.

Le texte européen doit ainsi servir de rampe de lancement à Paris pour avancer sur cette question lors de la réunion du groupe le 15 avril à Washington.

Edité par Jean-Loup Fiévet

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI