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Europe : Les valeurs bancaires européennes attaquées sur la liquidité

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par Matthieu Protard et Edith Honan

PARIS/NEW YORK (Reuters) - Les valeurs financières européennes ont une nouvelle fois dévissé jeudi, laminées par un regain de tensions sur le marché interbancaire et des inquiétudes sur le refinancement à court terme des banques.

Selon le Wall Street Journal, la Réserve fédérale de New York, la principale branche régionale de la Fed, a accentué ses investigations sur le financement des filiales américaines des banques européennes.

"Les craintes tournent cette fois-ci autour des liquidités des banques", souligne Alexandre Baradez, analyste de marché chez Saxo Banque, à Paris.

Les autorités américaines, écrit le quotidien américain, redoutent en particulier que les banques européennes, confrontées à des difficultés de financement, ne se mettent à siphonner des fonds à partir de leurs filiales aux Etats-Unis.

Le président de la Fed de New York, William Dudley, a réagi en assurant que les établissements bancaires, qu'ils soient américains ou étrangers, étaient tous traités de la même manière aux Etats-Unis.

Les banques étrangères ont réduit leurs émissions de billets de trésorerie américains lors des sept derniers jours, signe de l'anxiété des investisseurs face à la crise de la dette dans la zone euro. Les filiales américaines des banques étrangères ont réduit leur encours de 5,3 milliards de dollars pour le ramener à 152,9 milliards.

L'indice bancaire européen a terminé la séance en baisse de 6,74%.

L'action Société générale, qui avait déjà plongé de près de 15% le 10 août sur des rumeurs de difficultés financières, a chuté de 12,34% à 21,60 euros euros. Elle a ainsi perdu 37,81% depuis le début du mois, portant à 46,3% sa perte depuis le début de l'année.

La franco-belge Dexia a abandonné 13,96% à 1,566 euro et l'allemande Commerzbank 10,42% à 1,899 euro. A Londres, Barclays a clôturé en recul de 11,46% à 161,87 pence.

Egalement affectées, les valeurs bancaires américaines accusaient aussi une forte baisse à Wall Street, l'indice sectoriel perdant 5% en milieu de journée à New York. Les titres de Citigroup et de Bank of America abandonnaient respectivement 7,8% et 6,4%.

"La BCE a mis à disposition des banques des liquidités afin d'éviter un assèchement des liquidités alors que la situation se tend de plus en plus sur le marché interbancaire", remarque Alexandre Baradez.

La facilité en dollar de la Banque centrale européenne a été sollicitée mercredi pour la première fois depuis février, signe que le marché monétaire est en état de tension. Une seule banque de la zone euro a emprunté 500 millions de dollars à une semaine au taux d'intérêt fixe de 1,1%, soit bien au-dessus du taux auquel les banques ayant un bon crédit peuvent emprunter sur le marché.

"COLLATÉRAL REFUSÉ"

"On a plus de difficultés à avoir des données sur le marché du 'repo' (accords de rachats, NDLR) interbancaire, où il y a un problème de collatéral", fait de son côté remarquer un analyste financier basé à Paris.

"Il y a des actifs qui sont devenus non désirés par les contreparties. Il y a du coup du papier qui n'est plus accepté", poursuit-il.

Dans ce contexte, les banques françaises sont particulièrement surveillées par les investisseurs dans la mesure où elles sont particulièrement exposées au marché américain du financement à court terme.

D'après les estimations de Citi, les emprunts à court terme de BNP Paribas s'élèvent à 94 milliards de dollars et à 56 milliards de dollars pour la SocGen.

"Les banques françaises ont été beaucoup plus touchées que les autres banques européennes (...) Elles sont plus dépendantes des fonds monétaires américains", relève Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

Les mauvaises statistiques économiques publiées aux Etats-Unis ont aussi lourdement pesé sur les Bourses mondiales et accéléré la chute des valeurs bancaires.

L'indice des conditions d'activité de la Réserve fédérale de Philadelphie ressort négatif ce mois-ci et tombe en outre à un plus bas niveau depuis mars 2009.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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