Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : Les valeurs bancaires européennes à leur niveau d'avril 2009

Europe : Les valeurs bancaires européennes à leur niveau d'avril 2009

Europe : les valeurs bancaires européennes à leur niveau d'avril 2009Europe : les valeurs bancaires européennes à leur niveau d'avril 2009

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les banques européennes sont tombées vendredi à leur niveau boursier le plus bas depuis avril 2009, il y a 29 mois alors que la crise financière se faisait toujours sentir, rien ne venant enrayer les craintes des investisseurs sur leurs financements à court terme.

L'indice bancaire européen a perdu 9,26% sur la semaine, sa quatrième baisse hebdomadaire consécutive, et abandonne 21,85% depuis le début du mois.

Dans le contexte de ralentissement économique et de crise de la dette, analystes et gérants doutent de la capacité de rebond à court terme des valeurs bancaires européennes malgré l'effondrement de leur cours. Au point que la valeur de l'indice qui mesure les 32 plus grandes banques de la zone euro flirte actuellement avec le niveau de la seule capitalisation boursière d'Apple.

"On ne sait pas exactement ce que vaut une banque. On ne sait pas l'ampleur du taux de défaut qu'elles devront prendre dans leurs comptes selon l'ampleur de la crise, selon l'ampleur des risques sur les pays périphériques", explique Philippe Delienne, le président de Convictions Asset Management.

Parmi les valeurs bancaires, les banques italiennes Unicredit et Intesa Sanpaolo ont chuté vendredi de plus de 5%.

Les britanniques Royal Bank of Scotland et Lloyds ont abandonné respectivement 5,38% et 4,78%.

A Paris, BNP Paribas s'est replié de 4,27%, Société générale de 3,38% et Crédit agricole de 1,7%. En revanche, Dexia, qui avait chuté de près de 14% la veille, a fini sur une légère hausse de 0,13%.

"Les marchés craignent en effet des problèmes de liquidités", commente Sébastien Barthelemy, analyste crédit chez Louis Capital Market, qui relève "beaucoup d'éléments concomitants qui évoquent le spectre de la crise interbancaire de 2008".

"Les fonds monétaires américains étant sous pression dans leurs deux grandes catégories d'actifs, le T-Bill (bon du Trésor américain, NDLR) et les banques de la zone euro, ils ont fait le choix (...) d'alléger leurs positions sur le papier européen et notamment sur les banques françaises", souligne de son côté Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

Le recours mercredi à la facilité en dollar de la Banque centrale européenne, pour la première fois depuis février, avait aussi contribué jeudi à effrayer le marché, entraînant le plongeon de valeurs bancaires comme Barclays, Dexia ou encore Société générale.

"LA CRISE EST POLITIQUE"

Dans une note, Deutsche Bank estime toutefois que les inquiétudes concernant le niveau de liquidité sont exagérées, tout en soulignant que les risques pesant sur les bénéfices des banques avaient augmenté.

Les taux sur le marché interbancaire semblent d'ailleurs suggérer que le système financier ne se grippe pas puisque le principal taux Euribor régissant les prêts entre banques a légèrement baissé vendredi.

Le taux Libor en dollar à trois mois, mesure de référence des prêts interbancaires non sécurisés dans la zone euro, est à 0,29%, encore très loin du niveau de 4,8% qu'il avait atteint après la faillite de Lehman Brothers en 2008 quand les banques ne voulaient plus se prêter entre elles.

"Comme la crise européenne est politique et que les politiques ne vont pas au rythme des marchés, on peut craindre que cette crise dure encore plusieurs mois", déclare Philippe Delienne, de Convictions AM.

"Les banques sont les 'casual victims' (victimes naturelles, NDLR) de toute cette peur macroéconomique et des incertitudes politiques", commente un analyste financier basé à Londres, qui n'a pas souhaité être nommé.

Avec Blaise Robinson et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI