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Europe : Les sociétés déçoivent au 1er trimestre, baisse de l'euro espérée

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par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les résultats publiés jusqu'à présent au titre du premier trimestre 2014 par les entreprises européennes déçoivent les gérants et analystes interrogés par Reuters, mais ces publications, restées affectées par les changes, reflètent la situation économique mondiale.

Selon des données compilées par Starmine, la moitié (50%) des sociétés de l'indice Stoxx 600 ont publié des bénéfices inférieurs aux attentes mais près de 60% ont fait état d'un chiffre d'affaires moins bon qu'espéré par les analystes.

"Cette saison a reflété l'environnement macroéconomique du premier trimestre avec une reprise, certes présente mais modérée en Europe, et un effet climat qui a pénalisé la croissance américaine en début d'année", constate Joffrey Ouafqa, gérant chez Convictions AM.

Ces publications trimestrielles étaient très attendues après une fin d'année 2013 marquée par des effets de change défavorables qui se sont poursuivies lors des deux premiers mois de cette année.

"Il y a encore eu des effets de change négatifs en janvier et février, mais, à la différence de la fin de l'année dernière, cela était attendu cette fois-ci", observe Ludovic Dufour, gérant allocations d'actifs chez Mandarine Gestion.

"Après le quatrième trimestre 2013, il y a eu une bonne communication des sociétés sur l'impact des changes."

MARGES GRIGNOTÉES

Les analystes ont d'ailleurs révisé à la baisse leurs attentes de croissance de résultats pour cette année en Europe.

Les analystes ne dégagent cependant aucune grande tendance sur le plan sectoriel, les publications ayant été différentes selon les sociétés en fonction de leur positionnement sur leurs propres marchés.

En revanche, les secteurs industriels ont pâti de la baisse de l'inflation en zone euro, où la hausse des prix à la consommation a été ramenée à 0,5% en mars, plus bas niveau depuis fin 2009, avant de légèrement remonter à +0,7% en avril.

"La baisse des prix grignote les marges des industriels qui n'ont plus de pricing power. L'élément clé pourrait être la baisse de l'euro qui pourrait constituer une bonne surprise pour les entreprises mais qui est conditionnée à la capacité de la BCE de faire baisser l'euro", analyse Ludovic Dufour.

Adrien Cohen, sales trader chez ETX Capital, pense lui aussi qu'un éventuel changement de politique monétaire de la Banque centrale européenne pourrait avoir une influence sur les prochains résultats.

Selon des sources informées des mesures en préparation, la BCE prépare un ensemble de mesures susceptibles d'être annoncées à l'issue de sa réunion de juin, incluant une baisse de ses trois taux directeurs et des mesures ciblées visant à favoriser le crédit aux petites et moyennes entreprises.

En attendant une telle action, l'activité des entreprises devrait rester dépendante de la situation économique mondiale.

"La tendance de cette saison devrait continuer sur le reste de l'année. Si la reprise se confirme, les résultats vont suivre et les cours des actions aussi", considère Joffrey Ouafqa.

Plusieurs gérants estiment en effet que les Bourses ne peuvent plus progresser qu'à l'aide d'une croissance des résultats d'entreprises, les niveaux de valorisation étant revenus à leur moyenne historique.

"En tout cas, parmi les clients que nous avons rencontrés, l'idée d'un retour sur les thématiques de croissance et de recherche d'exposition aux émergents, semble convaincre alors que les devises émergentes se stabilisent", indique Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.

(Avec Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez)

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