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Europe : Les marchés attendent des réponses franco-allemandes à la crise

Europe : les marchés attendent des réponses franco-allemandes à la criseEurope : les marchés attendent des réponses franco-allemandes à la crise

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La peur du risque a de nouveau lundi hanté les marchés financiers qui, très préoccupés par l'impact des élections grecques en Europe, attendent du nouveau couple franco-allemand des mesures énergiques de sortie de la crise de la zone euro, au lendemain de l'élection du socialiste François Hollande à la présidence de la République.

En net repli à l'ouverture, les Bourses de la zone euro ont réduit leurs pertes en milieu de journée, à l'exception de la Bourse d'Athènes, qui cédait toujours quelque 7% vers 13h00.

En France, le CAC 40 ne perdait que 0,18%, même si le Crédit agricole, très exposé à la Grèce via sa filiale Emporiki, accusait la plus forte baisse de l'indice (-4%).

La Bourse de Francfort a réduit également ses pertes (-0,9%) tandis que les Bourses de Milan (+0,74%) et de Madrid (+0,8%) se reprenaient, la Bourse de Londres étant quant a elle fermée. L'EuroStoxx 50 des grandes valeurs de la zone euro reculait de 0,23%.

Valeur refuge de la zone euro, le rendement de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans est tombé à plus bas historique à 1,57% (-2 points de base) tandis que l'euro repasse au-dessus de 1,30 dollar après avoir touché un plus bas de trois mois à 1,2957 ce matin en Asie.

Après une brève tension en début de séance, le rendement de l'obligation d'Etat française (OAT) à 10 ans se détend de cinq points de base à 2,82% tandis que l'équivalent grec se tend de 210 points de base à 22,6%.

L'agence Standard and Poor's, qui a dégradé en janvier la note de crédit de la France de "AAA" à "AA+", a publié lundi un communiqué soulignant que l'élection de François Hollande comme nouveau président de la France n'avait aucun impact sur les notes de crédit de la République française et leurs perspectives".

L'ÉQUILIBRE AUSTÉRITÉ-CROISSANCE

"Nous considérons toujours qu'il y a une chance sur trois que nous abaissions la note long terme de la France cette année ou en 2013", a précisé S&P.

"La victoire de François Hollande était largement anticipée et ne constitue pas une surprise en ce lundi matin. L'élection qui pose problème aujourd'hui c'est la Grèce", résume Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia Asset Management.

Comme d'autres analystes, il constate que les deux grands partis grecs, le Pasok (socialiste) et la Nouvelle démocratie (conservateur) ont fait beaucoup moins bien que les sondages le pronostiquaient. Une union de ces deux partis n'aurait pas la majorité des sièges au Parlement

"Les élections grecques marquent le rejet de l'austérité et revêtent une dimension symbolique avec l'entrée des 'néo-nazis' au Parlement", explique Nicolas Forest. "Il y a vraiment un risque que le pays ne soit pas gouvernable et qu'en cas de nouvelles élections les Grecs optent pour une sortie de la zone euro - une éventualité dont on ignore les conséquences".

"La Grèce va probablement être la principale source de volatilité des marchés qui vont certainement réintégrer dans les cours le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro", estiment les analystes d'Exane BNP Paribas.

Le couple franco-allemand, au lendemain de l'élection de François Hollande, est à nouveau confronté au problème de l'aide à la Grèce, à la crise de la dette souveraine en zone euro et à la nécessité de trouver un nouvel équilibre entre l'austérité nécessaire au redressement des finances publiques et la croissance économique également nécessaire à ce redressement, estiment des analystes.

Une fois élu dimanche, François Hollande, qui s'est entretenu au téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel, a répété qu'au Pacte de discipline budgétaire adopté par

les gouvernements en décembre, il fallait ajouter des mesures favorables à la croissance.

"Alors que les marchés pourraient s'inquiéter d'éventuelles tensions entre l'Allemagne et la France, la possibilité d'une révision de l'actuel mix récession-austérité en Europe n'est pas nécessairement une mauvaise chose pour stabiliser la zone euro à long terme", souligne Manuel Maleki, économiste chez ING Financial Markets.

Des professionnels interrogés relèvent qu'Angela Merkel a récemment infléchi son discours "tout austérité".

L'Allemagne a toutefois réaffirmé lundi qu'elle ne renégocierait pas le pacte européen de discipline budgétaire et qu'elle rejetait toute mesure de stimulation de la croissance qui augmenterait l'endettement.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a estimé de son coté qu'il convenait de conjuguer croissance et discipline budgétaire.

Les marchés resteront relativement prudents sur la France dans l'attente de l'issue des élections législatives françaises des 10 et 17 juin. "La victoire de Hollande ouvre une autre campagne", dit Exane BNP Paribas qui estime que sur la scène européenne, François Hollande et Angela Merkel devraient trouver un terrain d'entente sans "bouleverser le pacte budgétaire".

Raoul Sachs, avec la contribution d'Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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