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Europe : Les marchés anticipent un règlement de la crise grecques

Europe : les marchés anticipent un règlement de la crise grecquesEurope : les marchés anticipent un règlement de la crise grecques

PARIS (Reuters) - Les Bourses mondiales et l'euro sont nettement en hausse jeudi, portés par le projet de règlement du problème de la dette grecque au sommet de la zone euro, tandis que l'or et les obligations d'Etat allemandes et américaines sont délaissées.

Selon un projet de déclaration obtenu par Reuters, les 17 chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles s'orientent vers un défaut partiel de la Grèce et vers une refonte du FESF, le fonds de soutien à la zone euro, pour lui permettre d'agir de manière préventive, de recapitaliser les banques ou de racheter des obligations sur le marché secondaire afin de mettre un terme à la contagion.

Les Bourses européennes ont clôturé sur de nets gains après avoir évolué sur une note hésitante.

A l'équilibre (-0,02%) avant l'annonce de ce projet, l'indice CAC 40 a terminé sur une hausse de 1,66% (+62,15 points) à 3.816,75 points.

Le secteur bancaire a particulièrement bien réagi à l'évolution de ces négociations. Les valeurs bancaires grecques ont salué à la hausse les anticipations d'adoption d'un nouveau plan d'aide à la Grèce qui permettrait de couvrir les besoins de financement du pays jusqu'en 2014.

L'indice bancaire de la Bourse d'Athènes a gagné près de 7,68% 882,88 points, alors que le marché grec a avancé dans l'ensemble 2,54%. National Bank a pris 10,61% et EFG Eurobank plus de 6,8%.

L'indice du secteur bancaire européen a bondi de 4,12% sur la séance.

Les autres places européennes ont terminé également bien orientées : Milan a pris 3,76% et Lisbonne 2,47%. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 a gagné 2,13% et l'EuroFirst 300 1,10% à 1.103,12 points, après avoir atteint un plus haut de séance de 1.107,33 points.

A Londres, le Footsie a gagné 0,79% à 5.899,89 points et à Francfort, le Dax a pris 0,95% à 7.290,14.

L'indice de volatilité en Europe a chuté dans la foulée de 13,83%, touchant un plus bas de près de deux semaines.

Toutefois, les intervenants restent prudents, estimant qu'il faut attendre le détail du projet pour tirer des conclusions.

LES MARCHÉS AMÉRICAINS ÉGALEMENT EN HAUSSE

"Cela irait dans le bon sens. On parle d'allonger la maturité et de réduire les taux", commente Yann Lepape, analyste gérant chez Oddo Asset Management. "Mais il faut voir si c'est une solution complète ou partielle, est-ce que l'on va devoir remettre le sujet sur le tapis dans un an ? Je ne peux pas dire pour l'instant si le marché va réagir durablement positivement."

Les Bourses européennes entraînent dans leur sillage les marchés américains, également gagnés par cet élan d'optimisme qui s'ajoute à la publication de résultats jugés encourageants aux Etats-Unis, notamment d'American Express (+0,55%) ou encore de Morgan Stanley (+7,8%).

L'indice Dow Jones gagne 1,15% à la mi-séance, le Standard & Poor's 500 1,29% et le Nasdaq Composite 1,04%.

En réaction à la hausse des marchés d'actions, les cours du Bund allemand à dix ans sont en repli, tandis que les Treasuries américaines à 30 ans reculent de près d'un point pour un rendement en hausse à 4,32%, contre 4,25% mercredi soir et que la dette américaine de référence à dix ans affiche un rendement qui approche les 3% (2,99%).

La prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette des pays les plus fragiles de la zone euro plutôt que des Bunds allemands diminue également. L'écart de rendements entre la dette grecque à dix ans et le papier allemand de même échéance a ainsi atteint son plus bas niveau depuis deux semaines à 1.382 points de base (pdb). Les spreads de la dette italienne et espagnole avec le Bund ont atteint un plus bas depuis 10 jours, respectivement à 255 pdb et 295 pdb.

L'euro monte également fortement sur des rachats de découverts, franchissant brièvement la barre des 1,44 dollar à un point haut de séance de 1,4401, selon les données Reuters. Vers 16h35 GMT, il se traite à 1,4369 dollar.

La monnaie européenne est portée par l'évolution de la crise budgétaire grecque mais aussi par le rebond de l'activité manufacturière aux Etats-Unis.

"Un allongement des prêts à la Grèce et un flexibilité accrue pour que le FESF recapitalise les institutions soulage la BCE", commente Mark McCormick, stratège des changes chez Brown Brothers Harriman. "C'est tout à fait positif pour l'euro."

Les cours du pétrole regagnent du terrain, le brut léger US approchant des 100 dollars le baril. L'ébauche des conclusions du sommet européen sur la Grèce a calmé l'anxiété des marchés et a éclipsé l'inquiétude suscitée par un ralentissement inattendu du secteur manufacturier en Chine.

L'or spot est repassé en-dessous de la barre des 1.600 dollars l'once et affichait un recul de 0,21%.

Juliette Rouillon et Catherine Monin, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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