Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Europe : Les européens peinent à maintenir un front uni sur les banques

Europe : Les européens peinent à maintenir un front uni sur les banques

tradingsat

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Suspendus à l'évolution de la situation politique en Italie, dans le flou quant au futur gouvernement d'union nationale en Grèce et au point mort sur la réforme du fonds de soutien à l'euro, les ministres européens des Finances ont peiné mardi à maintenir un front uni sur le soutien à apporter aux banques.

Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se sont entendus fin octobre sur un plan de recapitalisation des établissements européens à hauteur de 106 milliards d'euros et sur le principe de leur fournir des garanties de financement, la mise en oeuvre de ces décisions se heurte à des réticences.

D'un côté, plusieurs pays sont inquiets des effets négatifs sur le financement de l'économie d'une recapitalisation menée uniquement en interne par les banques, via réduction de voilure et ventes d'actifs.

De l'autre, les Vingt-Sept divergent sur l'opportunité de fournir aux banques des garanties leur permettant d'accéder à des financements sur le marché interbancaire, notamment en dollar, ainsi que sur le degré de coordination au niveau européen d'un tel exercice.

Après plusieurs heures de discussions infructueuses mardi, les ministres européens des Finances ont finalement décidé de procéder à des travaux complémentaires sur ces deux questions au cours des prochaines semaines, des efforts qui pourraient devenir inutiles si la situation en Italie - la troisième économie de la zone euro - venait à empirer encore.

Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a été lâché mardi par sa partenaire de coalition, la Ligue du Nord, qui a appelé à sa démission aux côtés de l'opposition.

Soumis à une pression grandissante de la part de ses partenaires politiques et européens, "Il Cavaliere" a jusqu'à présent rejeté ces appels et démenti les rumeurs sur son départ qui ont circulé dans la presse et sur les marchés.

Les taux d'intérêt des titres italiens à 10 ans ont atteint mardi 6,74%, un niveau jugé insoutenable pour le pays.

GARANTIES BANCAIRES

Sur la première question - le "deleveraging" - les ministres ont insisté pour que le financement de la recapitalisation par ventes d'actifs et réduction de voilure ne se produise pas de manière trop abrupte, afin que les banques puissent continuer à assurer leur rôle de financement de l'économie, a expliqué le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier, dans un communiqué.

"Dans les efforts de recapitalisation, nous voulons nous assurer qu'il n'y ait pas de 'deleveraging' massif et soudain", a-t-il dit après la réunion mensuelle du conseil Ecofin.

Sur la seconde question - celle de garanties de financement - le débat est plus compliqué encore. Plusieurs pays, dont la France, s'y opposent et jugent qu'il ne s'agit pas du problème le plus immédiat auquel doivent faire face les établissements du continent.

Interrogé sur ce point, le ministre français de l'Economie François Baroin a répondu : "Ce n'est pas ce qui est dit."

"S'agissant de la recapitalisation des banques, il n'y a rien de changé. Il y a un rendez-vous, une méthode, un calendrier et un niveau de fonds propres en dur qui est exigé pour les banques", a-t-il dit à l'issue de la réunion.

Plus tôt dans la journée, le ministre suédois des Finances, Anders Borg, avait quant à lui mis en garde contre toute tentation de revoir à la baisse les termes de l'accord.

"Nous devrions faire ce que nous avons promis. Nous devrions coller à ces chiffres. Nous devrions clairement reconnaître que toute édulcoration sera coûteuse en terme de crédibilité", a-t-il insisté.

"Nous ne devrions pas changer les critères et nous devrions nous en tenir aux règles de calcul préparées par l'Autorité bancaire européenne", a-t-il encore dit.

La Commission a annoncé mardi qu'elle proposerait très rapidement un cadre législatif européen afin d'assurer la bonne mise en ouvre du plan de recapitalisation.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...