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Europe : Le rebond des bourses en europe a fait long feu

Europe : le rebond des bourses en europe a fait long feuEurope : le rebond des bourses en europe a fait long feu

par Raoul Sachs et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Le rebond des Bourses européennes lundi matin au lendemain du succès électoral des conservateurs grecs de la Nouvelle Démocratie, plus favorables à l'austérité, aura duré moins de deux heures.

Les actifs risqués - actions et obligations d'Etat de pays en difficulté comme l'Italie ou la Grèce - sont repartis à la baisse tant le rapport des forces politiques est fragile et rend difficile la formation d'un gouvernement stable à Athènes.

Au-delà de la Grèce, les marchés craignent une contagion de la crise à l'Espagne, voire à l'Italie.

Ils attendent aussi du sommet européen des 28 et 29 juin des réponses globales à la crise de la dette souveraine de la zone euro qui règleraient par là-même les difficultés de l'Espagne et de l'Italie.

Vers 10h50, Paris perdait 0,11% à 3.084,17 points après une plus haut à 3.129,29 points. Londres cédait 0,09%, Francfort réduisait ses gains (+0,3%), Madrid lâchait 1,7% et Milan 1,66%. L'indice EuroStoxx 50 des grandes valeurs de la zone euro cédait 0,4% tandis que la Bourse d'Athènes faisait un bond de 5,26%.

Corollaire de ce retour prudent sur les actifs risqués, le rendement de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans, valeur refuge, revient à son niveau de vendredi (1,44%) après être monté à 1,5%, ce qui reste un taux extrêmement bas.

Après une détente sensible en début de matinée, les rendements des obligations équivalentes italiennes et espagnoles se sont envolés, passant en moins de deux heures respectivement de 5,8% à 6,07%, et 6,82% à plus de 7%.

PAS DE CHANGEMENT FONDAMENTAL

De son côté, l'euro est stable face au dollar et s'échange autour de 1,2638 dollar, son niveau de vendredi soir après un plus haut à 1,2747.

"Le scénario catastrophe a été évité en Grèce avec la Nouvelle Démocratie en position de former un gouvernement fragile. Mais cela ne change pas fondamentalement la donne dans la mesure où ce gouvernement pourrait ne pas tenir longtemps", estiment les stratégistes de JP Morgan qui ajoutent qu'après un rebond, les Bourses vont à nouveau se concentrer sur les données macroéconomiques qui, "restent médiocres".

Les stratégistes obligataires de Commerzbank partagent ce point et n'excluaient pas qu'à la faveur du rebond des actifs risqués, le rendement du Bund à 10 ans repasse au-dessus de 1,6% et celui de son équivalent italien tombe sous 5,7%.

Mais, ajoutent-ils, cette bouffée d'oxygène ne doit pas faire oublier la nécessité pour les dirigeants européens de commencer à régler les problèmes globaux de l'Union économique et monétaire du pilier politique - sous la forme d'une union budgétaire, d'une union bancaire et d'une coordination des politiques économiques - qui lui manque face à un pilier monétaire indépendant et supranational : la Banque centrale européenne.

Les stratégistes de Citigroup demeurent convaincus que dans les prochains 12 à 18 mois la probabilité d'une sortie de la Grèce se situe entre 50% et 75%.

"Il nous semble improbable que la Grèce puisse répondre aux conditions, même amendées du MoU (Memoradum of Undertanding, NDLR)", estiment-ils.

Par ce MoU, la Troïka conditionne son aide à Athènes à la mise en oeuvre de mesures d'austérité et de réformes de grande ampleur - dans un pays qui s'apprête à enregistrer une cinquième année consécutive de récession.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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