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Europe : Le pib grec dévisse, plan d'aide de 120 milliards d'euros évoqué

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par Harry Papachristou

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - L'économie grecque s'est contractée beaucoup plus qu'attendu au premier trimestre, ce qui complique l'application par Athènes du plan de rigueur nécessaire pour obtenir un nouveau renflouement, dont le montant pourrait atteindre 120 milliards d'euros.

Alors que les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce planchent sur ce programme additionnel, le Premier ministre George Papandréou risque de peiner à atteindre les objectifs budgétaires négociés avec eux, sur fond de croissance insuffisante, de dissensions au sein de sa majorité et de contestation dans la rue.

Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 5,5% sur un an entre janvier et mars, selon des chiffres préliminaires publiés jeudi par l'agence grecque de la statistique Elstat, soit davantage que la contraction de 4,8% annoncée en estimation flash.

Ce chiffre a contribué à creuser l'écart de rendement entre les emprunts d'Etat grecs à 10 ans et le papier allemand de même échéance, qui a grimpé de 48 points de base (pdb) sur la journée à 1.394 pdb.

Pour Emilie Gay, économiste pour Capital Economics, cela augure mal des efforts de la Grèce pour atteindre les objectifs de réduction du déficit prescrits par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

"Nous prévoyons que l'économie se contractera de 5% cette année. Pour nous, cela signifie que la Grèce ne parviendra pas à atteindre ses objectifs, comme l'an dernier", juge-t-elle.

UNE AIDE DE 120 MILLIARDS D'EUROS ET NON 90 MILLIARDS

La Grèce s'est engagée à mettre en oeuvre des mesures d'austérité supplémentaires censées économiser 6,48 milliards d'euros cette année et le pays s'est engagé à couper dans ses dépenses jusqu'en 2015 pour réduire ses déficits et s'assurer du maintien de l'aide internationale.

Selon plusieurs sources de la zone euro, l'enveloppe totale du nouveau plan d'aide consenti à Athènes serait de 120 milliards d'euros et non 90 milliards comme évoqué précédemment.

Sur ces 120 milliards, 30 seraient tirés des privatisations grecques, 30 seraient issus d'une participation volontaire du secteur privé et les 60 milliards d'euros restant seraient fournis par l'UE et le FMI sous forme de prêts, ont précisé ces sources.

L'Allemagne, qui a relancé cette semaine l'idée d'une restructuration de la dette grecque, a demandé à ses partenaires européens de faire en sorte que les créanciers privés contribuent notablement à un nouveau plan de renflouement, via un échange de titres ("rollover") qui permettrait de reporter de sept ans l'échéance des obligations souveraines en circulation.

Ce délai donnerait à la Grèce le temps nécessaire pour se réformer et regagner la confiance des marchés.

DIFFICILE D'IMAGINER UN "ROLLOVER" VOLONTAIRE, DIT MOODY'S

Mais, même s'il avait lieu sur la base du volontariat, un tel échange équivaudrait à une restructuration et les agences de notation ont prévenu qu'elles considéreraient cette manoeuvre comme un défaut.

Le directeur du risque souverain de Moody's a estimé jeudi qu'il était difficile d'imaginer résoudre la crise de la dette grecque avec une participation des créanciers privés sur la base du volontariat.

"Il est difficile d'imaginer quelque chose de vraiment volontaire dans l'environnement actuel", a-t-il déclaré à la presse.

Son homologue de Fitch David Riley a tenu des propos similaires et a également déclaré à Reuters que si la Grèce faisait défaut, sa note de crédit pourrait être encore abaissée et les perspectives sur les notes du Portugal et de l'Irlande en pâtiraient également.

La Banque centrale européenne a indiqué jeudi par la voix de son président, Jean-Claude Trichet, qu'elle ne soutiendrait pas un "rollover" volontaire de la dette grecque et qu'elle était vivement opposée à la perspective d'un défaut.

De son côté, le FMI a redit qu'une restructuration de la dette de la Grèce n'était "pas souhaitable", précisant que le programme Union européenne-Fonds monétaire international n'envisageait pas d'avoir recours à une telle éventualité.

Soucieux d'avancer sur la voie de la rigueur, le gouvernement grec devait valider ce jeudi un plan économique à moyen terme qu'il espérait pouvoir soumettre au parlement cette semaine.

Le texte et ses nouvelles mesures d'austérité ont suscité une levée de bouclier dans la population grecque, qui multiplie les grèves et les manifestations, et ont provoqué d'importantes dissensions au sein du parti socialiste (Pasok) au pouvoir, dont certains membres redoutent les conséquences sociales du projet.

Ingrid Melander, Harry Papachristou, Jan Strupczewski et Julien Toyer; Jean Décotte pour le service français, édité par Benoît Van Oveerstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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