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Europe : La zone euro renforce ses défenses pour sortir de la crise

Europe : la zone euro renforce ses défenses pour sortir de la criseEurope : la zone euro renforce ses défenses pour sortir de la crise

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de la zone euro sont parvenus dans la nuit de vendredi à samedi à un accord sur le renforcement et l'assouplissement des mécanismes actuel et futur de soutien à la monnaie unique, deux éléments que les marchés réclamaient avec insistance depuis plusieurs mois.

Réunis à Bruxelles pour un sommet extraordinaire, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays utilisant l'euro ont notamment décidé de doper les capacités financières de ces instruments et de leur permettre d'acheter des obligations de pays en difficulté sur le marché primaire.

Ils ont par ailleurs adouci les conditions du plan d'aide à la Grèce, qui a aussi été allongé, alors que celles du plan de sauvetage irlandais seront revues lors du sommet des 24 et 25 mars, cette fois à 27.

Le Portugal, qui a annoncé de nouvelles mesures budgétaires quelques heures avant le début de la réunion, s'est quant à lui vu délivrer un satisfecit lors du sommet mais sa capacité à échapper à un plan d'aide dépendra en grande partie de la réaction des marchés aux décisions de vendredi et des pressions exercées par ses pairs au cours des prochains jours.

"Nous avons donc renforcé de façon très significative nos capacités d'intervention. Nous avons étendu la gamme d'instruments utilisables", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.

Il a ajouté que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui fonctionnera jusqu'en 2013, serait doté d'une capacité effective de prêt de 440 milliards d'euros, alors que le mécanisme européen de stabilité (MES), qui lui succèdera serait doté d'une puissance de tir de 500 milliards d'euros.

"Nos deux facilités, celle d'avant 2013 et celle d'après 2013, interviendront principalement sous forme de prêts mais nous avons décidé de leur permettre de souscrire à des émissions obligataires sur le marché primaire", a poursuivi le chef de l'Etat. Le communiqué final de la réunion précise cependant que cette dernière éventualité devra demeurer une exception.

GRÈCE, IRLANDE, PORTUGAL

Le Premier ministre grec, George Papandréou, qui s'est engagé à Bruxelles à accélérer la mise en oeuvre du programme de privatisation de 50 milliards d'euros déjà annoncé, a obtenu une réduction de 100 points de base des prêts consentis à son pays. La maturité de ces prêts sera porté de 3 à 7,5 ans.

Le cas irlandais a lui aussi été longuement évoqué mais le nouveau Premier ministre, Enda Kenny, a refusé jusqu'au bout de faire un geste sur la question de l'harmonisation de l'assiette de l'impôt sur les sociétés, comme le lui demandaient Paris et Berlin.

Cette question sera mise au menu du sommet réunissant l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept fin mars, au cours duquel ces derniers doivent présenter la réponse "globale" de l'Union européenne à la crise, préparée depuis le début de l'année.

Le Premier ministre portugais José Socrates, qui refuse de recourir à une aide internationale, a lui aussi résisté vendredi aux pressions de ses pairs, dont l'Allemagne, qui souhaitent qu'un plan d'aide soit préparé sans tarder.

Lisbonne a énuméré vendredi matin une série de mesures comprenant notamment une réduction des dépenses de santé et d'aide sociale, le report de projets d'infrastructures et le renforcement des réformes structurelles, notamment celle du marché du travail avec une diminution des indemnités de licenciement. (voir et )

Les marchés n'ont cependant pas relâché la pression et le rendement du papier portugais à dix ans s'est encore apprécié à 7,79% - un niveau jugé insoutenable - après l'annonce des mesures, alors que l'euro a chuté à son plus bas niveau depuis un mois, à 1.3750 dollar.

Les prochains jours seront décisifs et le dossier portugais devrait figurer en bonne place sur l'agenda des ministres des Finances de la zone euro et de l'UE, réunis lundi et mardi à Bruxelles à l'occasion des réunions mensuelles de l'Eurogroupe et du conseil Ecofin.

Comme attendu, les Vingt-Sept ont enfin adopté le pacte de compétitivité pour l'euro proposé début février par l'Allemagne, qui prévoit notamment que les Etats membres intègrent une limite légale à la dette dans leurs législations nationales, lient les augmentations de salaires à des hausses de productivité et l'âge de la retraite à l'évolution de la démographie.

Julien Toyer et Emmanuel Jarry, avec Andreas Rinke, édité par Pierre Sérisier

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