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Europe : L'ue envisage pour mi-mai une aide de 80 milliards au portugal

Europe : l'ue envisage pour mi-mai une aide de 80 milliards au portugalEurope : l'ue envisage pour mi-mai une aide de 80 milliards au portugal

par Julien Toyer

GODOLLO, Hongrie (Reuters) - Les autorités de la zone euro ont répondu favorablement vendredi à la demande d'assistance financière du Portugal et ont dit tabler sur un accord sur un programme de réforme d'ici la mi-mai.

Elles ont également précisé que le plan, qui devrait s'étendre sur trois ans, pourrait représenter environ 80 milliards d'euros et que l'Union européenne en prendrait comme pour la Grèce et l'Irlande les deux tiers à sa charge, le reste incombant au Fonds monétaire international.

Ce dernier a fait savoir vendredi qu'il avait reçu une demande d'assistance financière du Portugal. "Nous sommes prêts à agir avec diligence concernant cette demande et à tenir rapidement des discussions avec le gouvernement portugais, ainsi qu'avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne, sur un programme économique soutenu par les principaux partis politiques", a dit le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn dans un communiqué.

Le programme reposera sur trois piliers : un plan d'ajustement budgétaire ambitieux ; des réformes structurelles visant à restaurer la compétitivité de l'économie portugaise accompagnées d'un programme de privatisations ; des mesures pour assurer la liquidité et la solvabilité du secteur financier.

"Les préparatifs vont débuter immédiatement pour parvenir à un accord interpartis permettant que le programme d'ajustement soit adopté à la mi-mai et mis en oeuvre de manière rapide après la formation d'un nouveau gouvernement", est-il indiqué dans un communiqué des ministres des Finances de la zone euro.

Le Premier ministre portugais José Socrates a présenté fin mars la démission de son gouvernement à la suite du rejet par le parlement d'un nouveau plan d'austérité destiné à permettre au pays de remplir son objectif d'un déficit 2011 de 4,6% du PIB.

Des élections législatives sont prévues le 5 juin mais des échéances de refinancement importantes en avril et juin, ainsi que la pression des banques nationales, ont finalement convaincu le gouvernement en affaires courantes à demander une aide à l'UE et au Fonds monétaire international.

Le pays, qui avait résisté plusieurs mois aux pressions des marchés financiers et de certains de ses partenaires européens, est ainsi devenu le troisième pays de la zone euro après la Grèce et l'Irlande à faire appel à un tel soutien.

L'ESPAGNE PRÉSERVÉE

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a indiqué que les discussions allaient commencer immédiatement avec tous les partis portugais.

"Il est essentiel qu'au Portugal un accord entre tous les partis soient trouvé afin d'assurer que le programme puisse être adopté en mai", a-t-il dit, avant de signaler que l'objectif était de parvenir à un accord lors d'une réunion des ministres des Finances le 16 mai.

"Nous pensons que le Portugal pourra faire face à ses échéances de refinancement d'avril et mai mais celles de juin présentent plus de problèmes", a-t-il dit pour justifier ce calendrier qui sera beaucoup plus serré que ceux de la Grèce ou de l'Irlande.

Le directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), Klaus Regling, a quant à lui indiqué qu'il ne faudrait ensuite pas plus d'une dizaine de jours pour lever les fonds sur les marchés et débloquer les prêts au Portugal.

Il a ajouté que tout risque de contagion avec d'autres économies fragiles de la zone euro, en particulier celle de l'Espagne, était désormais exclu.

"La vue qui prédomine est que nous avons maintenant isolé les trois économies les plus faibles de la zone euro. Le marché obligataire espagnol n'a pas été affecté (par la demande d'aide portugaise)", a-t-il dit.

"Il y a une claire différence. Pour la dette espagnole, il y a un vrai marché. Il y a des achats et des ventes. Le risque de contagion est très en deçà de ce qu'il était il y a six ou neuf mois", a-t-il continué.

LA GRÈCE SOUS PRESSION

Si les ministres ont loué les efforts de Madrid pour réformer son économie et remettre de l'ordre dans ses finances publiques, les marchés semblent eux aussi convaincus.

L'écart de rendement entre les obligations espagnoles à 10 ans et le papier allemand de même échéance, qui sert d'étalon, n'a pratiquement pas bougé depuis la demande d'aide portugaise.

L'euro a quant à lui touché vendredi un plus haut de 15 mois au lendemain de la hausse des taux directeurs de la BCE.

La Grèce, en revanche, est de nouveau au centre des préoccupations des marchés alors que les chiffres du déficit 2010 pourraient, selon plusieurs sources européennes, être supérieurs aux prévisions.

La question d'une restructuration à terme de la dette grecque, qui devrait dépasser les 150% du PIB, est également sur toutes les lèvres, même si les responsables politiques grecs et européens excluent cette éventualité.

Les ministres des Finances de la zone euro ont appelé vendredi Athènes à remplir ses objectifs budgétaires.

"Nous avons rappelé aux autorités grecques qu'il était important de ne pas s'éloigner des objectifs en matière de déficits publics pour les prochaines années", a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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