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Europe : L'horizon économique s'assombrit dans la zone euro

Europe : l'horizon économique s'assombrit dans la zone euroEurope : l'horizon économique s'assombrit dans la zone euro

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - La contraction de l'activité du secteur privé dans la zone euro s'est accentuée plus encore qu'attendu en avril, ce qui pourrait compromettre la sortie prochaine de la région de la récession.

La baisse des carnets de commandes et la poursuite des réductions d'effectifs a touché à la fois l'industrie manufacturière et les services, montrent les premiers résultats des enquêtes mensuelles Markit auprès des directeurs d'achats (PMI), publiés lundi.

Le PMI des services dans la zone euro est tombé à 47,9 contre 49,2 en mars, au plus bas depuis cinq mois. Ce chiffre est inférieur aux estimations les plus pessimistes de la quarantaine d'économistes interrogés par Reuters. Le consensus le donnait à 49,3.

Dans l'industrie manufacturière, le PMI "flash" ressort à 46,0, au plus bas depuis juin 2009, contre 47,7 en mars et 48,0 attendu.

"Nous disions le mois dernier que nous avions probablement connu un deuxième trimestre consécutif de baisse (de l'activité), ce qui correspondrait à une récession ; cela se prolonge désormais pour un troisième trimestre d'affilée", a commenté Chris Williamson, chef économiste de Markit.

Et les carnets de commandes ne sont guère encourageants pour les entreprises de services : l'indice des nouveaux contrats dans le secteur est tombé à un plus bas de six mois, à 45,4 contre 47,6.

"Il n'y a aucun véritable moteur de croissance, ce qui suggère que, même si le rythme global de baisse est modeste en ce moment, il pourrait continuer de se dégrader au cours des prochains mois."

PAS DE PRESSIONS INFLATIONNISTES

Les économistes interrogés par Reuters ont estimé la semaine dernière que l'économie de la zone euro s'était contractée de 0,2% au premier trimestre et qu'elle se contracterait de 0,1% au deuxième.

Chris Williamson souligne la contraction particulièrement marquée observée en dehors de l'Allemagne et de la France, un phénomène qui soulève des interrogations sur l'efficacité des plans d'austérité.

"Les recettes fiscales vont être faibles et le chômage va continuer d'augmenter : dans ces conditions, les politiques de lutte contre les déficits fonctionnent-elles ?", s'interroge-t-il.

Point positif de l'enquête sur le secteur manufacturier: les pressions inflationnistes semblent s'atténuer après une période de hausse rapide alimentée par l'envolée des prix pétroliers. La composante des prix à la production est revenue au plus bas depuis six mois à 50,5 contre 51,2 en mars.

"Cela suggère que les responsables politiques et économiques devraient se préoccuper davantage des perspectives de croissance que de l'évolution de l'inflation en ce moment. La demande est si faible que les entreprises ne peuvent tout simplement pas répercuter les hausses de prix", explique Chris Williamson.

L'indice flash composite, qui regroupe les services et l'industrie, a baissé à 47,4, contre 49,3 attendu et 49,1 en mars.

Les premiers résultats des enquêtes d'avril montrent aussi une nette dégradation des perspectives du marché de l'emploi: cette composante de l'indice composite est revenue à son plus bas niveau depuis février 2010, à 48,3 contre 49,2.

"Cela indique certainement que les entreprises ferment les écoutilles", note Chris Williamson.

Marc Angrand pour le service français, édité par Natalie Huet

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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