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Europe : L'europe avance désunie vers le sommet sur la grèce

Europe : l'europe avance désunie vers le sommet sur la grèceEurope : l'europe avance désunie vers le sommet sur la grèce

par Luke Baker et Paul Taylor

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Les responsables gouvernementaux européens et les banques peinent toujours à trouver un terrain d'entente sur le deuxième plan d'aide à la Grèce, à quelques jours de l'organisation d'un sommet qui devra endiguer la propagation de la crise de la dette.

La porte-parole du gouvernement français Valérie Pécresse, également ministre du Budget, a déclaré lundi que la France souhaitait que le nouveau plan d'aide à la Grèce soit bouclé jeudi et qu'il prévoie une participation du secteur privé.

"Nous voulons boucler le deuxième plan d'aide à la Grèce et, maintenant, la seule question qui reste à trancher est celle de la participation du secteur privé", a dit Valérie Pécresse sur LCI.

Mais après trois semaines de discussions préparatoires, il n'y a toujours aucune certitude sur les chances qu'un consensus soit trouvé sur la manière de faire participer les créanciers privés.

L'une des pistes envisagées consisterait à solliciter le secteur privé en taxant les banques de la zone euro, a déclaré une source de Reuters, confirmant ainsi un article du journal allemand Die Welt.

Paul de Grauwe, enseignant à l'Université belge de Louvain, juge que les responsables politiques ont tellement repoussé les échéances que leur marge de manoeuvre est de plus en plus étroite.

"J'espère encore, oui, mais je ne suis pas optimiste", a déclaré l'universitaire, ancien conseiller informel de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

"Avant, il y avait des solutions, mais nous ne les avons pas saisies. Maintenant, il est trop tard pour ces solutions qui ne fonctionneront plus."

Les responsables européens étudient plusieurs options. Il est notamment envisagé de mettre à contribution le Fonds européens de stabilité financière afin qu'il finance un rachat volontaire d'obligations grecques, qu'il mette en place un échange de dette grecque, voire que ces deux solutions soient mises en oeuvre.

Dans les deux cas, ces plans comprendraient une décote sur la valeur faciale des titres en question, ce qui permettrait d'aider la Grèce à résorber ses 340 milliards d'euros de dette.

Tous ces plans se heurteraient cependant à des obstacles, techniques ou juridiques, au risque d'alimenter l'instabilité des marchés si les agences de notations accentuaient leur pression en plaçant la note de la dette grecque en défaut sélectif.

La source qui a évoqué la solution d'une taxe sur les banques, projet qui se substituerait au rachat ou à l'échange de dette, a déclaré qu'elle pourrait permettre de lever 10 milliards d'euros par an.

Interrogée sur l'injustice qui consisterait à taxer les établissements qui ne sont pas exposés à la dette grecque, la source a déclaré que la taxe pourrait être structurée afin d'affecter principalement les banques ou investisseurs qui ont la plus forte exposition aux actifs en question.

"On en a discuté pendant quelques semaines, mais l'idée n'a jamais vraiment pris. En fin de compte, elle gagne du terrain. Les Allemands disent qu'ils ne sont pas contre. Cela permettrait de faire contribuer le secteur privé sans les effets collatéraux qu'aurait le déclenchement d'un événement de crédit ou un défaut sélectif."

La contribution du secteur privé ne réglera cependant pas le problème d'Athènes. Selon des analystes, il faudrait que la dette grecque soit réduite de moitié, afin de la ramener à 80% du PIB de la Grèce, pour qu'elle devienne supportable sur le long terme.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Catherine Monin

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