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Europe : L'europe accentue la pression sur la banque universelle

Europe : l'europe accentue la pression sur la banque universelleEurope : l'europe accentue la pression sur la banque universelle

par Julien Toyer

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - L'option de séparer les activités de marché et celles de dépôt des grandes banques européennes fera l'objet d'une réflexion au niveau européen, a annoncé jeudi le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier, sans aller toutefois jusqu'à remettre directement en cause le modèle de banque universelle.

Ce modèle, défendu par les banques françaises BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole et leurs grands concurrents européens, est déjà sous pression aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, comme la Grande-Bretagne.

"La logique, c'est d'identifier les risques et de mettre en face des risques, au bon niveau, des garanties suffisantes", a dit Michel Barnier lors d'une conférence de presse.

"Est-ce qu'il faut aller plus loin et passer de la ségrégation des risques et des mesures prudentielles à une séparation, comme je le vois proposer dans le rapport Vickers au Royaume-Uni ou comme les Américains ont voulu le faire ?"

"Je ne suis pas fermé à cette idée de séparation (...) Avant d'aller plus loin, je veux qu'on vérifie objectivement tous les avantages d'une séparation et les effets négatifs que cela pourrait avoir", a-t-il ajouté.

Il a ensuite observé que le modèle de banque universelle, qui prédomine en Europe, n'avait joué aucun rôle dans le déclenchement de la crise financière en 2008 et que, de la même manière, l'absence de modèle outre-Atlantique n'avait pas préservé les Etats-Unis de cette crise.

Des responsables européens travaillant sur ces sujets ont ensuite précisé que la Commission ne s'attaquerait pas de front au modèle de banque universelle mais qu'elle chercherait à faire en sorte que les risques inhérents à l'activité de marché soient traités de manière "totalement hermétique", afin de protéger les activités de dépôt.

AU CENTRE DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

En France, l'idée d'une séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires - ou au moins une séparation de ces types d'activités - figure déjà parmi les thèmes de la campagne présidentielle.

Elle est défendue non seulement par le Parti socialiste, favori des sondages, et par les partis de gauche mais aussi, à l'autre bout du spectre politique, par le Front national.

Le projet du PS pour 2012 stipule ainsi qu'"il faut revenir à une stricte distinction des métiers bancaires et séparer activités de dépôt et activités financières", une orientation également défendue par le candidat François Hollande.

Deux de ses proches, l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin et le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, ont récemment déclaré à Reuters soutenir la séparation des banques de dépôts et d'investissement. .

Les banques françaises, soutenues par la Banque de France, ne veulent quant à elles pas entendre parler de cette séparation.

François Villeroy de Galhau, le responsable du réseau France chez BNP Paribas avait déclaré fin septembre qu'une telle séparation n'aurait été d'aucun secours au moment de la crise financière de 2008.

Il en voulait pour preuve que Northern Rock en Grande-Bretagne était une banque purement de détail alors que Lehman Brothers aux Etats-Unis était une banque uniquement de financement et d'investissement.

La Fédération bancaire française n'était pas immédiatement disponible pour commenter les propos de Michel Barnier.

Avec Jean-Baptiste Vey et Julien Ponthus à Paris, édité par Marc Joanny

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