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Europe : L'eurogroupe se réunit sur la grèce, sur fond de contagion

Europe : l'eurogroupe se réunit sur la grèce, sur fond de contagionEurope : l'eurogroupe se réunit sur la grèce, sur fond de contagion

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Les modalités d'une participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce continuaient lundi de diviser les responsables européens, qui ont engagé une série de réunions cruciales à Bruxelles sur fond de défiance des marchés à l'égard de la zone euro.

Selon une source proche de la préparation de ces réunions, aucune décision ne devrait intervenir lundi et les ministres devraient appeler à ce qu'un travail technique soit réalisé sur la proposition française d'un "rollover" de la dette grecque et sur l'option de rachat de dette par l'Etat grec en vue de parvenir à une solution pour fin juillet.

"L'Eurogroupe ne parviendra pas à une conclusion ce soir. Le projet de conclusions tel qu'il est actuellement rédigé souligne que les groupes techniques devront étudier deux solutions: un rachat de titres et un rollover de la dette, afin de parvenir à un accord pour la fin juillet", a déclaré la source.

"Il est très probable qu'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe sera convoquée pour la fin juillet, afin de valider les solutions", a-t-elle ajouté, tout en indiquant que certains Etats membres ne souhaitaient pas attendre jusqu'à septembre.

Alors que les discussions sur la proposition française d'un "rollover" par les banques européennes de 70% des obligations grecques arrivant à maturité d'ici 2014 ont semblé ne pas pouvoir aboutir, l'Allemagne a remis sur la table la semaine dernière sa proposition d'un "échange" d'obligations grecques.

De son côté, l'Institut de la finance internationale (Ifi) a proposé il y a dix jours que la Grèce procède à des rachats d'obligations, une solution qui avait déjà été évoquée au printemps avant d'être écartée.

Les discussions devaient aussi porter sur la possibilité de modifier la ligne européenne agréée fin juin tour à tour par les ministres des Finances puis les chefs d'Etat et de gouvernement selon laquelle un "défaut sélectif" devait être évité.

"SANS HÂTE EXCESSIVE"

Lundi matin, les marchés ont maintenu la pression sur la périphérie de la zone euro. Les taux des obligations espagnoles ont atteint un plus haut depuis début 2000, à 5,95%, et le Portugal et l'Irlande ont également été malmenés.

La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir des obligations italiennes à dix ans plutôt que des Bunds allemands, qui font référence, a quant à elle touché un record depuis la création de l'euro à 268 points de base.

A leur arrivée à Bruxelles, plusieurs ministres ont toutefois indiqué qu'il ne fallait pas se précipiter.

"Nous avons mis en place ce qui était nécessaire pour la Grèce et maintenant nous allons rapidement mais sans hâte excessive négocier un nouveau programme pour la Grèce. Nous sommes sur la bonne voie", a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

Son homologue grec Evangelos Venizelos a appelé à ce qu'un message fort soit délivré "pour assurer la stabilité de la Grèce et, au delà, de l'ensemble de la zone euro".

Le ministre belge Didier Reynders a fait valoir qu'il serait souhaitable de parvenir dès lundi à des lignes directrices d'un nouveau plan grec.

Avant la réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy s'est réuni vers 13h00 avec Jean-Claude Trichet et Jean-Claude Juncker, les présidents de la Banque centrale européenne et de l'Eurogroupe.

Son porte-parole a insisté sur le fait que la rencontre, à laquelle ont également participé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, n'était pas une réunion de crise mais de coordination et que la situation de l'Italie n'était pas à l'ordre du jour.

Plusieurs sources européennes de haut rang ont toutefois indiqué qu'il était impossible de ne pas évoquer le dossier italien après la journée noire vécue vendredi à la Bourse de Rome, où Unicredit, la principale banque italienne, avait plongé de 7,9% sur fond de craintes de mauvais résultats aux stress tests bancaires qui seront rendus publics vendredi.

Julien Toyer, édité par Wilfrid Exbrayat

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