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Europe : L'eurogroupe peine à finaliser sa réponse à la crise

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par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - La réunion de l'Eurogroupe n'a pas permis de clarifier lundi certains aspects de la réponse "globale" à la crise et les ministres des Finances de la zone euro devront se revoir le 21 mars pour tenter de parvenir à un accord avant le sommet européen décisif trois jours plus tard.

Alors que les marchés ont réagi positivement à l'accord obtenu au forceps dans la nuit de vendredi à samedi, certains doutes demeurent sur la capacité de ces décisions à éteindre la crise.

L'agence de notation Fitch a ainsi salué le fait que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis son successeur à partir de 2013, le Mécanisme européen de stabilité (MES), pourront intervenir sur le marché obligataire primaire mais a prévenu qu'elle demeurait préoccupée par la solvabilité de plusieurs pays de la zone euro.

Les mesures décidées vendredi doivent par ailleurs être désormais ratifiées par l'ensemble des pays de la monnaie commune et certaines doivent être précisées, ce qui pourrait différer leur entrée en vigueur.

"Nous discutons des moyens et de la manière d'atteindre le niveau initial de 440 milliards d'euros. Est-ce que ce sera via des garanties, ou par d'autres moyens? Mon sentiment présent est que ce sera via des garanties", a expliqué le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

En raison d'un complexe système de garanties, le FESF ne dispose à l'heure actuelle que d'une capacité effective de prêt de 250 milliards d'euros contre 440 milliards imaginés en mai dernier lors de sa création.

"Nous devons discuter de nouveaux détails la semaine prochaine", a ajouté le Premier ministre luxembourgeois, avant de préciser qu'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe avait été convoquée pour le 21 mars.

Celle-ci devra également permettre d'arrêter la répartition exacte entre capital émis, capital souscris et garanties afin de constituer le MES, en lui permettant d'obtenir la plus haute notation - AAA - tout en minimisant au maximum l'impact sur les finances publiques nationales.

PAS D'EFFET POSITIF SUR L'IRLANDE

Les marchés ont réagi positivement à l'accord trouvé ce week-end et l'écart de rendement entre les titres obligataires émis par les pays "périphériques" de la zone euro et leurs équivalents allemands, référence en la matière, s'est resserré lundi matin.

La double décision de réduire les taux d'intérêt des prêts à la Grèce de 100 points de base et de porter la maturité des prêts à 7,5 ans a porté les marchés. Analystes et économistes ont salué cette "nouvelle politique de prix" qui, a confirmé Jean-Claude Juncker, servira d'exemple.

Seule l'Irlande ne s'inscrit pas dans une perspective positive après avoir poursuivi vendredi son bras de fer avec la zone euro sur une réforme de l'impôt irlandais sur les sociétés et renvoyé au sommet européen des 24 et 25 mars une révision des conditions de son plan de sauvetage.

Le cas irlandais a de nouveau été évoqué lundi mais sans qu'aucune avancée ne soit enregistrée par rapport à vendredi.

"Sans un geste au niveau de l'imposition sur les sociétés, je ne pense pas que les pays membres étaient prêts non plus à faire un geste sur les taux d'intérêts", a expliqué la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, à l'issue de la réunion.

La situation particulière du Portugal, qui reste sous pression des marchés et de plusieurs de ses pairs afin de demander une aide externe, a aussi été évoqué mais plusieurs diplomates ont minimisé la portée des discussions lundi.

"Cela a été assez rapide aujourd'hui. Le plus gros du travail a été fait la semaine dernière. C'est 'ongoing'", a expliqué un diplomate ayant suivi les échanges des ministres.

RÉDUCTION DE LA DETTE

Parmi les réformes que les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept doivent annoncer lors du sommet des 24 et 25 mars figurent en particulier l'architecture du futur MES et une nouvelle mouture du Pacte de stabilité et de croissance.

Deux réunions, l'une à "17+", c'est-à-dire réunissant les membres de la zone euro et les pays souhaitant participer de manière volontaire au MES, l'autre à 27, étaient organisées à cet effet lundi après-midi et lundi soir à Bruxelles.

La première n'a débouché sur aucune décision sur le principal point à son agenda: comment s'assurer, via un mélange de capital et de garanties, que le MES disposera d'une puissance de feu de 500 milliards d'euros, sans affecter trop les budgets nationaux des pays contributeurs.

La seconde a quant à elle permis de progresser. Les ministres devraient ainsi entériner mardi un objectif chiffré de 5% de réduction de la dette publique excédant les 60% du PIB permis par le Pacte de stabilité, ainsi que le volume des amendes en cas de non respect des règles.

Edité par Gregory Schwartz

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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