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Europe : L'allemagne traîne les pieds pour un sommet de la zone euro

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par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - L'Allemagne a largement refroidi mercredi les espoirs de voir se tenir un sommet européen sur un nouveau sauvetage de la Grèce dans les prochains jours, augmentant ainsi le risque de voir les marchés financiers s'attaquer à nouveau aux pays de la périphérie de la zone euro.

Berlin n'a pas dévié d'un centimètre de sa ligne des derniers jours selon laquelle la Grèce étant financée jusqu'à septembre, il n'y a pas d'urgence à réunir les chefs d'Etat et de gouvernement pour décider d'un second plan d'aide à Athènes.

De nombreuses sources ont toutefois confirmé que les préparatifs en vue d'un sommet se poursuivaient même si la date n'en est pas encore tout à fait "calée", selon les mots de la porte-parole du gouvernement français, Valérie Pécresse.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a informé mardi les ambassadeurs des pays de la zone euro de son intention de tenir ce sommet vendredi, avec la possibilité de réunir ensuite les ministres des Finances dimanche.

Mais les autorités allemandes se sont montrées réticentes à fixer une date tant qu'une solution claire n'émergerait pas des discussions techniques en cours sur une participation du secteur privé à un nouveau plan d'aide à la Grèce.

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, a lui-aussi estimé, quelques heures après l'abaissement de la dette du pays en catégorie spéculative par l'agence de notation Moody's que s'il devait y avoir un sommet, celui-ci devrait permettre de dégager des solutions politiques à long terme.

Au delà des cas grecs, irlandais et portugais, les trois pays bénéficiant d'un plan d'aide, c'est surtout les situations de l'Italie et de l'Espagne, des pays en quelque sorte trop gros pour être secourus, qui inquiètent les responsables de la zone euro.

Avant de se replier légèrement mercredi, les rendements des obligations italiennes et espagnoles ont touché des plus hauts historiques ces derniers jours.

"Les grands pays sont désormais en crise. Cela devient assez dangereux", a estimé un trader.

DÉFAUT ?

Les responsables européens doivent résoudre au cours des prochains jours une double équation : faire participer les banques et compagnies d'assurances à un nouveau plan de soutien à la Grèce, tout en soupesant les conséquences potentielles sur les marchés et le secteur financier européen d'un "défaut sélectif" de la Grèce qui serait déclaré par les agences de notation.

Selon plusieurs diplomates, trois idées restent sur la table : celle d'un rachat d'obligations grecques sur le marché secondaire avec l'aide du fonds de soutien "zone euro" (FESF), celle d'un "swap" d'obligations existantes pour de nouveaux titres à la maturité allongée, poussée par l'Allemagne, et celle d'un "roll-over" de la dette grecque, soutenue par la France.

"Les marchés ont réagi négativement au fait que les ministres des Finances de la zone euro ne parviennent pas à trouver un accord", a expliqué un diplomate européen au sujet de la réunion mensuelle de l'Eurogroupe lundi, qui n'a pas permis de savoir la ou les options qui seraient retenues.

Si aucun sommet n'a finalement lieu vendredi, la situation pourrait devenir critique en début de semaine prochaine dans la foulée des résultats des stress tests bancaires européens qui doivent être publiés vendredi soir.

Une petite quinzaine de banques pourraient échouer à ces tests, dont six institutions en Espagne, selon le journal ABC.

Les banques italiennes ont quant à elles déjà souffert cette semaine en Bourse des inquiétudes liées à la situation politique et économique transalpines.

Le président de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a toutefois répété mercredi qu'il était absolument sûr que les banques italiennes réussiraient les tests.

Il a également fait valoir que la crise appelait à des décisions politiques de plus grande ampleur que celles prises au cours des derniers 18 mois. )

La Banque centrale européenne reste vivement opposée à toute solution impliquant un "événement de crédit" ou un "défaut sélectif" et Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a rappelé mercredi matin que l'option d'un rachat d'obligations par le FESF n'était absolument pas souhaitable.

Avec les bureaux de Bruxelles et de Berlin, édité par Danielle Rouquié

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