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Europe : L'abe veut rendre les banques moins dépendantes de la bce

Europe : l'abe veut rendre les banques moins dépendantes de la bceEurope : l'abe veut rendre les banques moins dépendantes de la bce

par Huw Jones

LONDRES (Reuters) - L'Autorité bancaire européenne (ABE) souhaiterait voir les banques du Vieux Continent se restructurer pour pouvoir se financer directement sur les marchés sans dépendre des liquidités à taux réduit de la Banque centrale européenne (BCE), et le régulateur entend proposer des mesures en ce sens à l'issue de ses réunions de mardi et mercredi.

La crise de la dette a lourdement pesé sur la capacité de financement des banques européennes, ne leur laissant guère d'autre choix que de recourir massivement ces derniers mois aux deux injections de liquidités à trois ans de la BCE. Les banques espagnoles et italiennes figureraient parmi celles qui auraient le plus emprunté lors de ces opérations.

"L'ABE discute de possibles mesures politiques qui pourraient accompagner ce processus de désendettement et de restructuration pour s'assurer qu'il se déroule de manière ordonnée et mesurée, permettant aux banques de maintenir une provision régulière de crédit pour l'économie réelle", explique le président de l'ABE, Andrea Enria, dans un dossier présenté aux ministres des Finances de l'Union européenne la semaine dernière.

Les régulateurs européens veulent notamment que les banques remplacent leurs financements à court terme par des financements de maturités plus longues, afin d'éviter d'avoir à faire appel trop fréquemment aux investisseurs.

Une telle évolution aiderait aussi les banques à se préparer à l'examen minutieux de leurs modèles économiques lors d'une nouvelle série de tests de résistance ("stress tests") prévue l'an prochain.

L'ABE cherchera aussi cette semaine à s'assurer que les 31 banques affichant, selon ses critères, un besoin total de capitaux frais de 115 milliards d'euros prennent les mesures nécessaires pour combler ce manque d'ici au 30 juin.

Andrea Enria a estimé la semaine dernière que le plan de recapitalisation était "sur la bonne voie" mais que certaines banques se fondaient sur des "hypothèses excessivement optimistes" quant à la façon dont elles comptent lever des capitaux.

BANQUES ESPAGNOLES ET ITALIENNES: ATTENTION, FRAGILE

De l'avis des analystes, la banque italienne Monte dei Paschi, devrait notamment peiner à atteindre d'ici au 30 juin l'objectif d'un ratio de fonds propres "durs" de 9%.

L'administrateur délégué de la banque, Fabrizio Viola, a dit la semaine dernière que MontePaschi comblerait près d'un tiers de ses besoins de fonds propres - qui s'élèvent à 3,3 milliards d'euros - en convertissant des titres hybrides en actions. Les médias italiens rapportaient par ailleurs dimanche que la banque envisageait de tailler largement dans son portefeuille de dette souveraine et de fermer 150 agences.

Certaines banques italiennes souhaiteraient voir l'ABE faire marche arrière sur ses exigences en matière de fonds d'urgence face à la crise, invoquant l'apaisement des tensions sur les marchés des dettes souveraines depuis les deux opérations de refinancement à trois ans de la BCE.

Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a ainsi déclaré samedi que l'ABE pourrait assouplir ses exigences en matière de fonds propres. Mais il a précisé qu'il s'agissait d'une perspective à moyen terme et que l'ABE ne devrait pas prendre de décision sur ce point lors de sa prochaine réunion.

Les banques espagnoles sont également en ligne de mire, nombre d'entre elles pâtissant de l'éclatement de la bulle immobilière et de la détérioration de l'économie du pays.

Au cas où certains établissements ne pourraient atteindre leurs objectifs de fonds propres d'ici à la date butoir de juin, Andrea Enria a proposé que le nouveau fonds d'urgence de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES) puisse directement injecter des fonds aux banques en difficulté à compter de sa mise en place en juillet.

A ce stade, le MES n'est conçu que pour venir en aide aux Etats.

Le conseil de l'ABE examinera par ailleurs les progrès réalisés par les banques dans la limitation des bonus, décidée en janvier 2011.

Le rapport de l'ABE est attendu après Pâques.

Avec John O'Donnell à Copenhague, Natalie Huet pour le service français, édité par Marc Angrand

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