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Europe : Dublin poursuit son bras de fer avec la zone euro

Europe : dublin poursuit son bras de fer avec la zone euroEurope : dublin poursuit son bras de fer avec la zone euro

BRUXELLES (Reuters) - L'Irlande a poursuivi vendredi son bras de fer avec la zone euro sur une réforme de l'impôt irlandais sur les sociétés, renvoyant au sommet européen des 24 et 25 mars un éventuel assouplissement des conditions du plan de sauvetage international décidé en novembre.

La résistance irlandaise menaçant de bloquer un accord sur le "pacte pour l'euro" et les instruments de gestion de crise, les 17 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles ont décidé de laisser quelques jours supplémentaires pour discuter avec Dublin, qui paie un taux d'intérêt de près de 6% sur les prêts qui lui ont été consentis.

"S'agissant de l'Irlande, nous avons décidé de reparler des conditions de son prêt les 24 et 25 mars, parce qu'il y a un nouveau gouvernement et qu'il faut continuer à discuter avec eux", a expliqué Nicolas Sarkozy à la presse.

Mais le président français s'est aussi félicité de ce que le "pacte pour l'euro", adopté dans la nuit de vendredi à samedi par les dirigeants de la zone euro pour améliorer la convergence et la compétitivité de leurs économies, prévoie "explicitement un impératif de coordination en matière fiscale".

"Dès le 16 mars la Commission (européenne) fera une proposition sur l'assiette commune de l'impôt sur les sociétés. C'est une première étape extrêmement importante", a-t-il dit.

Or l'Irlande résiste jusqu'ici à toute concession sur une harmonisation de l'assiette de l'IS, une demande de longue date de la France et de l'Allemagne.

Plusieurs sources diplomatiques européennes ont indiqué que les discussions avaient été très difficiles à Bruxelles.

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont répondu que cette demande ne pourrait être exaucée que si Dublin faisait des concessions sur l'IS, dont le taux de 12,5% en vigueur en Irlande est le plus bas de l'Union européenne.

"Sarkozy et Kenny ont eu un échange assez dur. Angela Merkel a elle aussi été assez directe", a expliqué la même source.

Plusieurs autres sources ont confirmé qu'il y avait eu une discussion "franche", avant que le sommet soit interrompu près d'une heure et ne reprenne que peu après 23h00.

SUJET SENSIBLE

Nicolas Sarkozy a assuré qu'il n'y avait pas eu d'échange de "noms d'oiseau" et que le débat avait été "courtois". Mais il a néanmoins confirmé implicitement son intensité.

"L'impôt sur les sociétés est un sujet très sensible pour nos amis irlandais", a-t-il dit. "Mais en même temps l'ensemble des Etats membres de la zone euro ont fait valoir que lorsqu'on a la même monnaie il est normal de converger."

La fiscalité ne peut pas faire exception et dans ce domaine, la convergence passe par une réflexion sur les assiettes, ont fait valoir les partenaires de Dublin, selon lui.

"Personne ne demande à l'Irlande d'avoir un taux moyen comparable à celui de l'Europe mais il est difficile aussi de demander aux autres pays d'aider l'Irlande et que celle-ci réponde qu'elle entendait garder l'impôt sur les bénéfices des sociétés le plus bas d'Europe", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a fait valoir que les Grecs avaient dû accepter des baisses de salaires et de pensions et des augmentations d'impôts et que le Portugal et l'Espagne avaient aussi fait des efforts.

"Alors je comprends les difficultés auxquelles est confronté (le) gouvernement (irlandais)", a-t-il ajouté. "Mais il y a un pacte qui prévoit la convergence explicitement et il y a une demande très claire de l'ensemble des Etats membres de la zone euro pour qu'il y ait au moins un geste (de Dublin)."

L'argument semble pour le moment avoir laissé Enda Kenny inflexible. Il a ainsi dit avoir expliqué à ses pairs qu'harmoniser l'assiette revenait à réintroduire indirectement une baisse du taux de l'IS. "C'est quelque chose que je ne peux pas envisager", a ajouté le Premier ministre irlandais.

Julien Toyer et Emmanuel Jarry

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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